lundi 18 novembre 2019

O - Ocre par Thérèse Guilloteau #ChallengeAZ #Availles86530




O comme peinture à l’Ocre.

Je vois bien que dans la série des chroniques sur les cimetières d’Availles et de Prinçay , l’ocre n’a  pas beaucoup de place. A part que pour nos anciens, disons très anciens ancêtres (quelques milliers d’années), l’ocre se rattache à  la « Terre Mère ». Elle était utilisée lors de rituels liés à la mort, illustration du  retour du corps à la terre.
La composition d’une peinture s’articule autour de plusieurs produits génériques comme les liants (huile de lin…), les solvants (essence de térébenthine, l’eau…) , les pigments (colorants industriels de synthèse,… ) , les adjuvants (conservateur, fongicide, insecticide,…).
Pour ce qui est de la peinture à l’ocre, nous allons utiliser de l’eau pour le solvant, de la farine de blé ou de seigle pour le  liant, de l’ocre pour les pigments, du sulfate de fer comme fongicide, de l’huile de lin pour protéger du délavage et du savon pour stabiliser l’émulsion créée par la farine entre l’huile de lin et l’eau.
Pour la préparation,  il est nécessaire d’enlever toutes les anciennes peintures et d’utiliser des ustensiles dédiés à cet usage. Pour ma part, je me suis enquis d’un grand faitout à Emmaüs. Puis,  la cuisine commence. C’est amusant de fabriquer cette tambouille.
Ingrédients :
3.2 litres d’eau
260 gr de farine (de seigle ou de blé selon la couleur que vous voulez obtenir)
1kg de d’ocre
100 gr de sulfate de fer (impératif pour les peintures extérieures)
0.4 litre d’huile de lin, de la bonne qualité (impératif pour les peintures extérieures)
4cl de savon (du savon noir, du liquide vaisselle ou des copeaux de savon de Marseille)

 Il faut diluer la farine dans l’eau froide comme pour faire une sauce blanche dans 20cl d’eau et ensuite ajouter le restant de l’eau. Pour éviter les grumeaux, il faut passer le mélange dans le mixeur. Verser le tout dans le faitout et laisser cuire à feu doux 15 minutes en touillant en permanence. Ajouter le sulfate de fer et le l’ocre en même temps à la préparation et touiller (encore) pendant 15 minutes. Ajouter l’huile de lin et le savon toujours  en remuant pendant 15 minutes pour éviter que la peinture accroche.
Laisser refroidir et c’est prêt à l’emploi comme une peinture traditionnelle ou commerciale comme vous voulez.

Pourquoi  utiliser la peinture à l’ocre ?
Les composants sont naturels.  Cette peinture offre une bonne protection contre les rayons ultraviolets qui sont responsables du grisonnement du bois et une bonne tenue dans le temps. Votre porte-monnaie s’en portera mieux. Le coût du litre de peinture revient à  5,5 euros !

La première fois que j’ai  fabriqué de la peintre à l’ocre, cela n’a pas été couronné de succès  car j’ai utilisé une ocre sableuse que l’on m’avait donné.  Mes volets avaient un aspect granuleux. Pour améliorer la texture, à ma deuxième expérience,  j’ai mouliné dans mon thermomix  l’ocre que j’avais. Le résultat est un peu meilleur mais reste insatisfaisant. Finalement, je me suis rendue sur les lieux d’extraction et de fabrication, vers Gargas dans le Vaucluse et on s’est moqué de moi. La séparation de l’ocre du sable demande un procédé industriel. J’ai donc acheté 5 kg d’ocre rouge. Ma prochaine expérience est prévue au printemps.


La peinture à l’ocre a ses passionnés. En effet, c’est une matière inerte et inoffensive et elle est généreuse. Elle rend bien la couleur. Elle est vive au soleil, prend des couleurs orangés le soir.  C’est une matière de terre inaltérable aux ultraviolets. Elle est attirante et s’invite au toucher. Pour les teintes naturelles, elle a 24 couleurs du gris au vert en passant par le jaune et le rouge. En France,  les principaux lieux de production se trouvent dans le Vaucluse  et la Bourgogne .

Elle est non toxique.  Elle est employée dans toutes les techniques (huile, aquarelle, acrylique, pastel, tempera, fresque) et compatible  avec tous les liants (graisses animales, huiles végétales , eau…).
Il a été repéré une utilisation très ancienne de cette matière par les humains préhistoriques  (77 000 ans à Blomboss en Afrique Australe) . Pour l’Europe, à Lascaux, un cheval est peint à l’ocre jaune et au bioxyde de manganèse, il  y a 18 000 ans.


Certains fabriquaient des crayons d’ocre. Savaient-ils qu’ils travaillaient pour l’éternité ? Pour se rapprocher de notre époque, les rondelles des bocaux sont rouges et le sont restés même si le colorant est devenu artificiel, mais le caoutchouc se craquèle à la longue. Elles se fabriquent toujours rouge. Les femmes Himbas en Namibie se couvrent d’ocre pour se protéger du soleil et des insectes.


Les artistes depuis la nuit des temps utilisent l’ocre pour s’exprimer et les chefs d’œuvre traversent le temps s’appuyant sur la fidélité  du minéral.
Dans un contexte différent, la tradition se perpétue sur un mode ludique à  l’atelier d’enluminures d’Availles. Les participantes fabriquent leurs couleurs à partir d’une méthode ancienne mélangeant les pigments avec de la détrempe, produit qui est constitué de blanc d’œufs  rompu, d’eau de miel et de de gomme arabique.


  Voici une version du O en enluminures, atelier de calligraphie MJC Availles. 
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Note de la Sorcière :
En écho aujourd'hui le O de Benoist, et l'ocre soudain prend une autre couleur...
O comme Ocre, son extraction #challengeAZ


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