O comme peinture à l’Ocre.
Je vois bien que dans la série
des chroniques sur les cimetières d’Availles et de Prinçay , l’ocre n’a pas beaucoup de place. A part que pour nos
anciens, disons très anciens ancêtres (quelques milliers d’années), l’ocre se
rattache à la « Terre Mère ».
Elle était utilisée lors de rituels liés à la mort, illustration du retour du corps à la terre.
La composition d’une peinture
s’articule autour de plusieurs produits génériques comme les liants (huile de
lin…), les solvants (essence de térébenthine, l’eau…) , les pigments (colorants
industriels de synthèse,… ) , les adjuvants (conservateur, fongicide, insecticide,…).
Pour ce qui est de la peinture à
l’ocre, nous allons utiliser de l’eau pour le solvant, de la farine de blé ou
de seigle pour le liant, de l’ocre pour
les pigments, du sulfate de fer comme fongicide, de l’huile de lin pour
protéger du délavage et du savon pour stabiliser l’émulsion créée par la farine
entre l’huile de lin et l’eau.
Pour la préparation, il est nécessaire d’enlever toutes les
anciennes peintures et d’utiliser des ustensiles dédiés à cet usage. Pour ma
part, je me suis enquis d’un grand faitout à Emmaüs. Puis, la cuisine commence. C’est amusant de
fabriquer cette tambouille.
Ingrédients :
3.2 litres
d’eau
260 gr de
farine (de seigle ou de blé selon la couleur que vous voulez obtenir)
1kg de
d’ocre
100 gr de
sulfate de fer (impératif pour les peintures extérieures)
0.4 litre
d’huile de lin, de la bonne qualité (impératif pour les peintures extérieures)
4cl de savon
(du savon noir, du liquide vaisselle ou des copeaux de savon de Marseille)
Il faut diluer la farine dans l’eau froide
comme pour faire une sauce blanche dans 20cl d’eau et ensuite ajouter le
restant de l’eau. Pour éviter les grumeaux, il faut passer le mélange dans le
mixeur. Verser le tout dans le faitout et laisser cuire à feu doux 15 minutes
en touillant en permanence. Ajouter le sulfate de fer et le l’ocre en même
temps à la préparation et touiller (encore) pendant 15 minutes. Ajouter l’huile
de lin et le savon toujours en remuant
pendant 15 minutes pour éviter que la peinture accroche.
Laisser
refroidir et c’est prêt à l’emploi comme une peinture traditionnelle ou
commerciale comme vous voulez.
Pourquoi utiliser la peinture à l’ocre ?
Les
composants sont naturels. Cette peinture
offre une bonne protection contre les rayons ultraviolets qui sont responsables
du grisonnement du bois et une bonne tenue dans le temps. Votre porte-monnaie
s’en portera mieux. Le coût du litre de peinture revient à 5,5 euros !
La première
fois que j’ai fabriqué de la peintre à
l’ocre, cela n’a pas été couronné de succès
car j’ai utilisé une ocre sableuse que l’on m’avait donné. Mes volets avaient un aspect granuleux. Pour
améliorer la texture, à ma deuxième expérience,
j’ai mouliné dans mon thermomix
l’ocre que j’avais. Le résultat est un peu meilleur mais reste
insatisfaisant. Finalement, je me suis rendue sur les lieux d’extraction et de
fabrication, vers Gargas dans le Vaucluse et on s’est moqué de moi. La
séparation de l’ocre du sable demande un procédé industriel. J’ai donc acheté 5
kg d’ocre rouge. Ma prochaine expérience est prévue au printemps.
La peinture
à l’ocre a ses passionnés. En effet, c’est une matière inerte et inoffensive et
elle est généreuse. Elle rend bien la couleur. Elle est vive au soleil, prend
des couleurs orangés le soir. C’est une
matière de terre inaltérable aux ultraviolets. Elle est attirante et s’invite
au toucher. Pour les teintes naturelles, elle a 24 couleurs du gris au vert en
passant par le jaune et le rouge. En France, les principaux lieux de production se trouvent
dans le Vaucluse et la Bourgogne .
Elle est non
toxique. Elle est employée dans toutes
les techniques (huile, aquarelle, acrylique, pastel, tempera, fresque) et
compatible avec tous les liants
(graisses animales, huiles végétales , eau…).
Il a été
repéré une utilisation très ancienne de cette matière par les humains
préhistoriques (77 000 ans à
Blomboss en Afrique Australe) . Pour l’Europe, à Lascaux, un cheval est peint à
l’ocre jaune et au bioxyde de manganèse, il y a 18 000 ans.
Certains
fabriquaient des crayons d’ocre. Savaient-ils qu’ils travaillaient pour
l’éternité ? Pour se rapprocher de notre époque, les rondelles des bocaux
sont rouges et le sont restés même si le colorant est devenu artificiel, mais
le caoutchouc se craquèle à la longue. Elles se fabriquent toujours rouge. Les
femmes Himbas en Namibie se couvrent d’ocre pour se protéger du soleil et des
insectes.
Les artistes
depuis la nuit des temps utilisent l’ocre pour s’exprimer et les chefs
d’œuvre traversent le temps s’appuyant sur la fidélité du minéral.
Dans un
contexte différent, la tradition se perpétue sur un mode ludique à l’atelier d’enluminures d’Availles. Les
participantes fabriquent leurs couleurs à partir d’une méthode ancienne
mélangeant les pigments avec de la détrempe, produit qui est constitué de blanc
d’œufs rompu, d’eau de miel et de de
gomme arabique.
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Note de la Sorcière :
En écho aujourd'hui le O de Benoist, et l'ocre soudain prend une autre couleur...
O comme Ocre, son extraction #challengeAZ
Note de la Sorcière :
En écho aujourd'hui le O de Benoist, et l'ocre soudain prend une autre couleur...
O comme Ocre, son extraction #challengeAZ





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