La
Résistance est née au lendemain de l’humiliante défaite, ou plutôt déroute, des
armées britanniques et françaises, en juin 1940 où les Allemands occupent la
France, où l’Armistice est signé entre Pétain et Hitler et à partir duquel une
ignoble collaboration se met en place.
Pendant la Seconde Guerre
Mondiale à Availles-en-Châtellerault, comme partout ailleurs, les Résistants et
Résistantes, agissant de manière individuelle et clandestine, se sont fait
discrets.
En France, sans forcément
appartenir à un mouvement constitué, différentes
manières de résister ont existé. Partout, les femmes ont aussi occupé une place
importante et essentielle dans la Résistance. Cette participation a longtemps
été sous-évaluée dans le cadre d’une représentation masculine de la Résistance.
L’engagement des femmes a été capital dans le travail de liaison et de
secrétariat sans lequel la toile d’araignée de la Résistance n’eût pu être
tissée. Ne pas oublier la masse de celles, nombreuses et anonymes, qui ont
multiplié des gestes et des actions sans lesquels la Résistance n’eût pas été
possible : concierges qui ont fermé les yeux, femmes qui ravitaillaient le
maquis, postières qui interceptaient un renseignement opportun, femmes qui
accueillaient des enfants juifs, protégeaient et nourrissaient les fugitifs,
etc.
A
Châtellerault, la manufacture d’armes1 fut réquisitionnée au service
de l’appareil allemand, en vertu de l’article 3 de la convention d’Armistice,
pour devenir la propriété de la Wehrmacht soumise à la double direction,
allemande et française, pour fabriquer des armes. Dès octobre 1940, un
mouvement clandestin de Résistance communiste, O.S. (Organisation Spéciale), s’est formé. Les ouvrières ont tout
se duite adhéré à ce mouvement, avec une participation active.
A Bonnes,
Maïti Girtanner fut de celles qui ont favorisé les passages clandestins de la
ligne de démarcation dont le tracé fut
décidé en Juin 1940 après l’Armistice.
Jusqu’en novembre 1942, de nombreux départements français sont coupés en deux par cette ligne imaginaire qui divise, de manière aléatoire, la zone libre de la zone occupée. Elle sera le lieu de nombreuses tragédies : traversées clandestines, dénonciations, arrestations. Cette "frontière" qui coupa la France en deux zones, l’une dite "occupée" par les Allemands, correspondant environ aux trois cinquièmes du territoire national, l’autre dite "libre", placée sous l’autorité du gouvernement de Vichy du maréchal Pétain.
Parmi
les formes de Résistance, celle des maquis. Un maquis n’est pas un mouvement de
Résistance mais un groupe de Résistants.
Monter un maquis n’était pas chose
aisée. Il fallait être reconnu par l’Etat-Major régional. Ensuite, il fallait
procéder au recrutement des volontaires. Lorsque les hommes, mais aussi les
femmes, répondaient à l’appel, il fallait les armer, les nourrir, les habiller,
leur trouver un gîte et des moyens de transport. Tout cela dans la
clandestinité totale, pour enfin passer à l’action, en menant des combats
d’embuscade et de harcèlement contre l’ennemi de plus en plus vindicatif contre
ces « terroristes » (désignation des Allemands) qui leur occasionnaient
des pertes de plus en plus lourdes2.
Parmi
les 52 maquis de la Vienne, le numéro 29, celui de Scévolles, au Nord du
département a recueilli des réfractaires au STO. Refuser de partir travailler en Allemagne est une forme de
Résistance. Mais seulement une minorité de réfractaires au STO sont allés
jusqu’à s’engager dans un mouvement de résistance, un réseau ou un maquis. Dans
l’après-guerre, le rôle des réfractaires au STO dans les maquis a été amplifié.
A cette période, il fallait retrouver l’unité nationale et le « Tous
résistants » faisait légion ! Les recherches ultérieures ont rétabli
la réalité. Moins de 10 % des Français ont réellement appartenu à un mouvement
ou à un réseau de résistance (Marie-Claude
Albert).
Résister, c’est refuser la
fatalité, c’’est porter secours aux persécutés, c’est s’entraider. Dans un contexte de guerre où la délation
coexiste avec l’entraide, résister c’est apprendre à communiquer, à agir
ensemble, à construire1.
Bibliographie :
1 :
Marie-Claude Albert, Pierre Bugnet, David Hamelin, Patrick Mortal, La Manufacture d’Armes de Châtellerault, une
histoire sociale (1819-1968), La Crèche (79) 2013, Geste Editions
2 :
Christian Richard, Groupement Le Chouan, Lavoux (86), Avril 2015, Editions
Michel Fontaine
3 :
Jacques Semelin, Persécutions et
Entraides dans la France occupée, Paris 2013, Editions Les Arènes-Seuil
