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jeudi 12 février 2015

Histoire chronologique d'Availles-en-Châtellerault ( en construction permanente)


L'année commence souvent par de bonnes résolutions qu'il ne faut pas tarder à mettre en pratique, de peur de les voir remises... à l'année suivante. 
Voici en chantier permanent, un récapitulatif chronologique de l'histoire d'Availles et de Prinçay. Raconter l'histoire d'une petite commune n'est pas chose facile et je n'en suis pas encore là. 
Mais à travers l'archive, l'anecdote locale rejoint parfois l'évènement historique. 
Availles et Prinçay sont quelquefois cités dans des ouvrages de référence régionale. Vous en trouverez le détail ici. 
Quant à l'archive locale, si elle  raconte souvent l'anecdotique, elle trace un chemin vers la grande histoire. Quoi de plus sympathique que de découvrir la Gabelle avec le curé Marquet de Prinçay,  la période révolutionnaire avec l'assassinat de notre officier municipal Charles Barreau, de croiser les sans-culotte dans la cave du curé Fradin et de soupçonner la peste ou le choléra avec les pics de mortalité des registres paroissiaux. 
Plutôt que de chercher la grande histoire au village, il est question ici de mettre progressivement notre petite histoire en contexte.
Le choix de la chronologie a l'avantage d'être facile à compléter, ce qui sera fait au fur et à mesure des archives dépouillées, et je l'espère, des informations que vous, lecteurs de passage, voudrez apporter à cette modeste contribution à la mémoire du village ! 

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  • XIème siècle :
    • 1031/1046 : Avaliacus villa in vicaria Ingrandinse (Cart de St Cyprine p164) (Source 1) 
  • XIIème siècle :
    •  1123 : Availia juxta castrum Burneys (chap cathédral 12)(Source 1) 
    •  Construction de l'église Notre-Dame d'Availles (Source 2)
    • 1180 Construction du château de la Tour d'Oyré à l'initiative de Raoul de Faye, oncle d'Aliénor d'Aquitaine. (Source 2)
  • XIIIème siècle :
    •  1293 : Avallia (chap de St Hilaire, 169)- Availlia (Pouillé de Gauthier f°173 v°)(Source 1) 
    •  Construction de l'église Sainte-Madeleine de Prinçay (Source 2)
  • XIVème siècle :
    •  1309 : Availle, Avaylle (Gauthier F° 187 v°)(Source 1) 
  • XVème siècle :
    •  1438 : Marconnay est cité dans les archives de la commanderie d'Ozon. (Source 2)
    •  1478 : Availhya (reg. synodal)(Source 1) 
  • XVIème siècle :
    •  Availles dépend de la Châtellenie de Monthoiron, tandis que Prinçay dépend de celle de Chistré (Source 8, page 421)
    • 1528 Les seigneurs de Chitré avaient droit de prééminence, honneurs de prérogatives, tant de titres armoiries, sépultures que autres appartenant à seigneur haut justicier, fondateur et patron de l'église de Prinçay. Ces droits avaient été cédés aux sires de Chistré par les seigneurs de Monthoiron, par acte de partage du 27 octobre 1528 (Source 8)
    • 1596 : René Descartes reçoit à sa naissance le fief modique mais noble du Perron à Availles. (Source 2) La famille du philosophe possédait le Perron, la Bobinière, le Marchais, la Grand-Maison sur la paroisse d'Availles. (Source 8, page363) 
  • XVIIème siècle : 
    • 1613 : La Cloche d'Availles probablement coulée dans le jardin du presbytère (Source 4)
    • 1649 : Availles (Source 1) 
    • Nombreuses réunions de protestants au château de la Tour d'Oyré (Source 2)
    • 6 septembre 1663 : Jean de la Fontaine en chemin vers Poitiers passe par Availles-en-Châtellerault. (Source 5)
    • - Construction du château de la Cataudière. 
  • XVIIIème siècle :
    • Sous l'ancien régime, les cures d'Availles et Prinçay étaient à la nomination du chapitre cathédral et faisaient partie de l'archiprêtré, du duché, de la sénéchaussée et de l'élection de Châtellerault. (Source 1/Source2) 
    • 1750 environ, Dupleix, ancien gouverneur général de la Compagnie des Indes, fait construire la partie centrale du château de la Doubtière. (Source 2) Les DUPLEX sont mentionnés dans les registres paroissiaux d'Availles depuis 1631. 
    • 1753 : Assassinat des Gabelous à la Croix Fleuriau (Source 11)(Source 3)
    • 1779 : Nommé Notre-Dame d'Availles, Availles-les-Châtelleraudois (Almanach provincial p115 et 204)
    • 1787 : Baptême de la petite cloche de l'église de Prinçay, nommée Barbe, par le curé de Fressineau en l'absence du curé de Prinçay. Parrain Marquis de Perusse des Cars, marainne Louise de Verneuil, épouse du Marquis de la Roche du Maine. 
    • 1789, Fin Juillet, dans le dossier de Louis GAUVAIN, notaire de Vouneuil-sur-Vienne guillotiné à la révolution, une anecdote sur la commune de Prinçay : "Lors des émeutes arrivées à la fin de Juillet mil sept cent quatre-vingt-neuf, et presque générales dans toute la République, GAUVAIN, capitaine d'une compagnie, au lieu de rechercher les brigands, fut chez le curé de Prinçay de ce canton, démonta la porte de la cave, but et fit boire le vin de ce ci-devant curé." (Source 7)
    • 1790 le prix de la journée de travail est fixé à 12 sous (Source 9, page 13) 
    • 1790 Herbault à Prinçay et Fradin à Availles prêtent serment à la Constitution civile du clergé(Source 9, page 414). Nos deux prêtres se rétractent, ils seront dénoncés à l'appel du ministre de la police du 22 ventôse An IV adressé aux municipalités. Fradin prêtre jureur retracté d'Availles est dénoncé par la commune de Fressineau, il fuit. Il en est de même pour Herbault curé légitime, jureur et rétracté de Prinçay dénoncé par le canton de Vouneuil-sur-Vienne et arrêté. On l'accuse d'exercer sans avoir rempli les nouvelles formalités. Il déclare avoir fait ses fonctions à la sollicitation de sa propre commune et dans son église, sans se cacher. Il n'imaginait pas, sur ce qu'on lui disait, que le défaut de soumission tirerait à conséquence. Herbault est envoyé à la prison de la Trinité où il restera jusqu'au 7 Nivôse de l'an V. (Source 10, page 255, 304)
    • PAILLE Pierre, notaire et maire de Prinçay est nommé administrateur du district de Châtellerault. (Source 9, page 301)
    • Vente de la Tour d'Oyré comme bien national (Source 2)
    • Vente de l'église de Prinçay aux enchères achetée 530 francs par trois paroissiens de Prinçay. Availles s'empare des DEUX cloches de la petite église, celle de 1613 et celle baptisée Barbe. (Source 4) et (Source 3)
    • 1793 - La société populaire de Vouneuil-sur-Vienne, fondée le 30 nivôse an II envoie des missionnaires dans les communes voisines où la messe se dit encore notamment à Prinçay (Source 10, page 145)
    • 1796 - 4 novembre, assassinat de Charles BARREAU, officier municipal de la commune de Prinçay
    • 1797 - Evaluation des chemins du village. 
  • XIXème siècle :
    • 1803/1804: Prinçay et Availles, communes indépendantes sont réunies pour le spirituel. Des réparations s'imposent pour l'église d'Availles qui tombe en ruine. En l'absence de revenus de la commune ( il n'y a ni foire ni marché à Availles), à la demande du conseil municipal d'Availles, le préfet et le sous-préfet autorisent l'imposition de 1O centimes par franc sur les taxes foncières et mobiliaire et somptuaire, afin de financer les réparations de l'église, et ce à charge des deux communes. Le conseil  municipal de Prinçay refuse catégoriquement argant qu'il doit veiller à l'entretien de l'église de Prinçay qui a besoin elle aussi de réparations. Le ton est catégorique, mais le préfet refuse et impose à Prinçay de contribuer.(source AD 86)
    • 1810 : Ouverture de l'huilerie Lépine à la Margotière (actuelle Croix Blanche). Jean GRATEAU est le premier des huit générations d'huilier d'Availles ! (Source 12)
    • 1812 : Vente du cimetière de Prinçay et de l'église de Prinçay, aux enchères, afin de contribuer à l'acquisition du presbytère d'Availles. (Source AD86)
    • 1818 : La commune est formée de la réunion des deux anciennes communes d'Availle et de Prinçay (a).
    • 1835 : ouverture de la Magnanerie de la Cataudière
    • 1837 : Visite de la Cataudière par la Société d'agriculture de Poitiers, accompagnée du Premier Président de la Cour Royale de Poitiers. La Cataudière devient magnanerie modèle de la Vienne sous la directiond de Cora Millet-Robinet
    • 1841 - 1845 Cora Millet-Robinet écrit à la Cataudière ses deux principaux ouvrages : Conseils aux jeunes femmes et La maison rustique des Dames. 
    • 1851 : 756 habitants
    • 1852 : reconstitution de la paroisse de Prinçay et retour de la cloche de 1613. La petite Barbe ne revient pas. Sur ordre du sous préfet, la cloche est déposée chez la mère Madelon de Chagon car son mari est président de la fabrique (Source 4). Le conseil de fabrique de Prinçay fait établir par Gabilla maçon, un devis de réparation de la façade de l'église (Source AD86)
    • 1853 : Rétablissement du cimetière de Prinçay, gros contencieux entre les habitants de Prinçay et la commune d'Availles. Le préfet tranche en faveur de Prinçay (Source AD86)
    • 1857 : achat d'une cloche pour Prinçay. (Source AD86)
    • 1859 : Description des souterrains de Prinçay dans l'ouvrage de l'abbé Lalanne, histoire de Châtellerault. (Source 8)
    • 1859 : construction d'une école. 
    • 1869 : réparation du clocher d'Availles (Source AD86)
    • 1880 : rachat du château de la Tour d'Oyré par Adrien Treuille 
    • 1885 : Découverte d'un trésor dans une carrière d'Availles par M. Sainton Fonteny (Source Presse et BSAO)
    • 1890 : Adrien Treuille maire d'Availles. (Source 6)
    • 1898 - Réparation de la toiture de l'église de Prinçay (Source AD86)
  • XXème siècle :
    • 1909 Réparation du puits de l'école publique (Source AD86)
    • 1910 - l'épicerie est tenue par Raoul BERNARD qui est aussi le cordonnier du village
    • 1912 Construction d'un lavoir (Source AD86)
    • 1913 Entretien du cimetière de Prinçay (Source AD86)
    • 1945, 9 décembre : Grande fête du retour des prisonniers et déportés, un arbre de la libération a été planté coté nord ouest de la Grande Place René Descartes (Source 13)
    • 1950 : Premier matériel d'incendie du centre de secours d'Availles (Source 13)
    • 2004 27 juin : Inauguration du vitrail de Prinçay  (Source 13)
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  • Sources :
  • 1 : Dictionnaire topographique de la Vienne
  • 2 :  Patrimoine des communes de la Vienne. 
  • 3 : Registres Paroissiaux d'Availles et Prinçay - Dépouillement Gloria Godard. 
  • 4 : Le Glaneur Châtelleraudais N°23 et 24 - La cloche de Prinçay par l'abbé Longer. 
  • 5 : Le Glaneur Châtelleraudais N°15 - Le jour où La Fontaine par Léon Petit
  • 6 : Le Glaneur Châtelleraudais N°25 (1971)
  • 7 : La Grande Peur de 1789 en Poitou par Henri Diné. 
  • 8 : Histoire de Châtellerault et du Châtelleraudais, par l'abbé Lalanne.  
  • 9 : La révolution à Poitiers par le Marquis de Roux
  • 10 : Histoire religieuse de la révolution à Poitiers et dans la Vienne par le Marquis de Roux
  • 11 : La Gabelle et la contrebande de sel dans l'Ouest par M. Ducluzeau
  • 12 : Huilerie Lépine 
  • 13 : Bulletin municipal

lundi 22 avril 2013

Souterrains de Prinçay.

La sorcière et les Fadets !
En 2009, Eleonor des Chemins de Traverse, avait trouvé Lulu Sorcière au hasard du net en préparant sa visite des souterrains de Prinçay.
 J'avais promis de l'y rejoindre.
Je n'étais pas descendue dans ce lieu magique depuis des années.
Les souterrains de Prinçay,  font partie des plus beaux souterrains refuge du Poitou. Au plus profond, nous sommes à 10m, au plus loin au Xème siècle sinon plus, la salle des Fadets taillée en voûte d'arête est splendide.
Eleonor est spécialiste des sites troglodytes et manifestement elle a été séduite par les lieux.
Salle des Fadets, salle des veillées, silots, cheminées d'aération, puits piège, inscription templière,
suivez le guide. 


A Prinçay le guide c'est
 François Dumoulin, Président des Amis de Prinçay
 qui fait visiter ce site sur rendez-vous.
TEL : 05 49 93 62 75
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Les Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest, société savante qui depuis  le 19ème siècle répertorie, raconte, les trésors du Poitou.
Voici les plans et la description des souterrains retrouvés tels qu'ils étaient  en 1855.

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Les cryptes de Prinçay, pratiquées à double étage sous les maisons mêmes du village actuel et les fondations de l’église, présentent quelques particularités.

Tout à l’extrémité du souterrain, formé à l’ordinaire de galeries d’inégales dimensions mettant en communication diverses salles en forme de rectangles irréguliers, s’ouvre un dernier réduit assez vaste simulant une architecture grossière. Cette large salle, à peu près carrée, est recouverte par des voutes d’arête que supportent deux rustiques piliers placés au milieu, et dont le rocher même a fait tous les frais.
Tout autour de l’enceinte, comme dans les salles qui précèdent, on a réservé dans le tuf un cordon de banquettes que surmontent des niches propres à recevoir des lampes ou autres objets.


Les tubulures à air sont multipliées dans ce souterrain avec plus de luxe encore que les autres, et, chose notable, on en remarque quelques unes pratiquées obliquement et allant aboutir à de profondes cachettes que des éboulements ont rendues désormais inaccessibles. Leur destination accoustique est donc bien evidemment établie cette fois.
A l’aspect de ces bancs, de ces niches, de ces voûtes ébréchées retombant sur des pilastres à demi engagés dans les parois du tuffeau, des débris de cette table ou peut-être de cet autel, qui réunissent encore les bases des deux piliers du milieu, on est tenté de supposer une imitation de crypte chrétienne, quelque chose de tout pareil aux catacombes romaines, greffées elles-mêmes sur quelque ancienne retraite des druides.
Ecoutons en effet l’’écho des souvenirs populaires, et cet écho nous dira des noms précis pour chacun des deux derniers réduits des cryptes de Prinçay. Celui qui termine le labyrinthe, c’est la grande salle des Fadets, et celui qui précède c’est la salle de la Veillée.
Les Fadets ce sont les fées du moyen-âge et les druidesses de l’antiquité gauloise.

La salle de la Veillée, c’était peut-être le lieu où les néophytes chrétiens passaient les veilles des fêtes solennelles qu’on célèbrait dans la grande crypte du fond, purifiée par le christianisme encore persécuté. Ajoutons que les ossements humains fréquemment rencontrés dans le sol de ces profondes grottes peuvent leur donner en outre le caractère d’ossuaires sacrés.





Les premières recherches concernant les souterrains de Prinçay débutent en 1855, au-delà des légendes et des croyances, une approche descriptive et scientifique commence.

Le premier explorateur de Prinçay est Alphonse Le Touzé de Longuemar (1803-1881), ancien capitaine, il quitte l’armée en 1832 sillonne le Poitou et raconte ses découvertes (archéologie, légendes, géologie, histoire). Pierre Amédée Brouillet sculpteur (dont le fils André peintre immortalisera l'hystérie décrite par Charcot), l’accompagne ( 1826-1901), nous leur devons les premiers croquis des souterrains qui paraitront au Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest .

A l’époque nous sommes loin des aménagements faits par Monsieur Dumoulin, actuel propriétaire des souterrains. L’entrée est encombrée de décombres et de ronces, on tatonne éclairé à la bougie.
Après avoir un peu tourné en rond dans les galeries supérieures, ils s’enfoncent à 4 m sous terre pour aboutir à une salle assez vaste « dont le pourtour est garni de banquettes » et de niches : La salle de la veillée. Amédée et Alphonse découvrent alors un couloir miystérieux menant à la salles des Fadets, dont ils nous apportent la première description .
Allez, on les écoute nos valeureux explorateurs :

« Respirons ! Nous voilà tout à coup en plein moyen-âge ! ».

Le souterrain est décrit en détail, il est bien noté qu’il ne s’agit pas d’une cave ou d’un cellier. Les couloirs sont répertoriés, ainsi que les banquettes, niches et conduits d’aération, autant d’éléments d’une cavité artificielle à l’architecture spécifique…..

L'abbé Lalanne (1859), Enlart (1904), Blanchet (1923), Pouliot (1938), l'abbé Longer (1941), Turquois (1966), Broëns (1976), la Société des Antiquaires de l'Ouest, la Société des Sciences de Chatellerault, la Société préhistorique de France, la Société française d'étude des souterrains, il ne manque pas de bonnes fées pour se pencher sur la salle des Fadets et tenter d'en percer les secrets !



Les souterrains vivent, les habitants de Prinçay, y laissent leur marque....

La seconde guerre mondiale ravive leur fonction refuge, on y cachera les vélos réquisitionnés par l'armée allemande qui occupe Chatellerault et Availles avec. Bref, Prinçay fait de la résistance !

Au dernier tiers du 20ème siècle, les fouilles se poursuivent,  François et Alain,  aventuriers de Prinçay, nos explorateurs contemporains, passionnés des lieux et de leur histoire, vont dégager d'autres galeries, consolider, retrouver ossements, des poteries, des outils, des boiseries.

Les aménagements intérieurs  progressent, la lumière s'installe, les lieux se sécurisent, les visites sont désormais possibles au public à l'occasion de la fête annuelle de Prinçay , offrant aux amoureux de la région, l'agrément de découvrir ces magnifiques souterrains refuge.
Comme vous le voyez sur ce plan, de nouvelles galeries ont été découvertes, les salles sont sur deux niveaux, ce qui amène le visiteur à environ 10 mètres de profondeur....
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Dans les années 90, les archéologues de Poitiers pointent leur nez, répertorient à leur tour, grognent  et interrompent la poursuite des fouilles faites par les autochtones ;-) qui, s'ils ont bien avancé le travail, n'ont pas toujours oeuvré avec un p'tit pinceau, dans les règles de l'art.
Des datations sont faites, des objets, des fragments de poteries racontent l'histoire de ces lieux,
 mais, le mieux étant l'ennemi du bien de notre formidable époque moderne, et bien comment dire...
ça avance un "peu" moins vite ;-)
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Recette pour creuser un souterrain ! 

Ingrédients :
-Implantation près des activités des hommes. Prinçay était une motte (ancêtre des châteaux forts), les souterrains sont creusés sous la motte, directement dans le sous sol des habitations.
-Trouver une roche saine, facile à tailler, à l’abri des infiltrations d’eau de ruisselement. Ici on creuse dans la tuffe (calcaire).
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Commencer par creuser une pente douce afin de confirmer la qualité de la roche et d’établir la stéréotomie et la profondeur de creusement du souterrain.

Installer ensuite des cheminées d’extraction, autant que de salles à creuser. A Prinçay, on retrouve cinq fronts de taille où travaillaient les hommes entre 4 et 10 mètres de profondeur .

Relier les salles et les fragments de galeries entre eux, en se repérant tant bien que mal, depuis la surface par des ouvertures ou directement sous la terre par percussion ou par forage de trous de sonde horizontaux. Tout ça se faisant un peu par tâtonnement on retrouvera des erreurs d’aiguillage raccords avortés…


A Prinçay, on bricole bien, la preuve. Les raccords sont bien établils, et les volumes sont bien répartis sur trois niveaux de hauteur.

Quand tout est creusé, on bouche les cheminées, en les couvrant de dalles et on les comble de terre en surface.

Un système d’aération a été ménagé à chaque angle,

habillé d’un empilement de poteries emboitées préservant la qualité de l’aération.
Les souterrains de Prinçay ne présentaient à l’origine qu’un seul accès, là où la tranchée a été creusée en pente douce. Un toit de dalles de pierres ou de silex transformait l’entrée en allée dont l’allure mégalithique a égaré bien des archéologues peu avisés.
Le souterrain ainsi établi présente une double architecture : creusée et enterrée. Tous les aménagements taillés dans le calcaire sont monolithes : tantôt évidés, tantôt ciselés dans la roche. Par contre tous les éléments installés entre le sous-sol et la surface sont soigneusement construits, suivant les règles utilisées pour les bâtiments de surface de la même époque et enterrés.

Le souterrain de Prinçay, pourtant grand et vaste, est entièrement contenu dans une surface au sol qui ne dépasse pas 1000m2. La longueur totale développée de ses galeries et de ses salles n’atteint pas 120 ! La plus grande longueur d’une extrémité à l’autre est de 40m.

Nous sommes loin des km que l’on prête habituellement à ces cavités. Il ne s’agit pas non plus de grands couloirs courant dans la campagne mais bien de surface habitable formée essentiellement de salles : elles représentent à elles seules les 2/3 de la surface totale.

On sort donc de la légende qui voudrait que des galeries relient un village à l’autre ou un château à l’autre, passant sous les rivières….
Les souterrains sont des espaces clos ramassés sur eux-mêmes, les couloirs ne servent qu’à relier une salle à l’autre.
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Voilà à quelques mots près ce que nous dit de l’architecture des souterrains de Prinçay, Mr Piboule, j’ajoute que lorsqu’on a comme moi un grand sens de la désorientation, il est bien difficile de projeter vers la surface l’endroit où l’on vient de poser le pied !
Je ne suis pas apte à le faire, mais j’espère qu’un jour prochain un curieux du sujet, habile en 3D, nous concoctera la version 21ème siècle des plans souterrains de Prinçay !


Un souterrain pourquoi faire ? 

Les hypothèses en la matière ne manquent pas, mais comme la science n’est qu’une longue suite d’erreurs de gravité décroissante, voyons un peu l’historique des hypothèses.

- A de Longuemar considère qu’il s’agit d’un souterrain refuge. Construit afin de protéger les populations pendant les périodes d’insécurité, avec une sortie de secours et destiné donc à n’être utilisé que de façon très temporaire.
- M. Broëns en fait une interprétation différente. La crypte (salle des Fadets) est un véritable hypogée. C’est une demeure souterraine pour les esprits construite par les sectes du moyen-âge comme les Cathares, pour dissimuler les pratiques hérétiques aux yeux de l’église officielle.

A la lumière des connaissances actuelles, voici des hypothèses fort contestées….
- Ce n’est pas une hypogée, d’une part car les Cathares ignoraient les cérémonies et les offrandes funéraires et n’avaient pas besoin de souterrains aux esprits.
- D’autre part les souterrains sont antérieurs aux Cathares.

- Les fouilles entreprises révèlent un usage domestique de ces souterrains, on y trouve des vestiges matériels l’attestant.

- Ce ne sont pas des souterrains refuge non plus, car ils ne sont pas dissimulés et qu’ils ne possèdent qu’un accès. Néanmoins on trouve des puits piège, et des feuillures permettant de se garder d’éventuels assaillants.


Tout prouve que ces souterrains sont utilisés de façon permanente : Ce sont des souterrains aménagés, ils assurent ainsi au XIIème siècle trois fonctions :

- Stockage :

 grains, fruits sont conservés près de l’entrée dans des silos , des réduits, ou des salles.


Eau courante.....

A tous les étages... Le puits est profond de plus de 20m.

- Habitation : particulièrement en hiver pour lutter contre le froid .

 A noter que la salle des fadets bénéficie d’une température notablement plus douce que celle des autres salles.

- Défense : de défense passive avec fermeture des accès, puits piège et pour certains souterrains du Poitou architecture militaire .



(dessine moi un bonhomme dans les souterrains de Prinçay)
Les archéologues plus ou moins patentés qui ont arpenté les couloirs sombres et les salles des souterrains ne s'accordent pas toujours sur la datation...
Certains attribuent les cryptes au néolithique, ou bien aux gaulois, parfois aux premiers chrétiens, ou aux paysans du moyen-âge.
Dessin  attribué aux templiers... Marie-Madeleine est juste au-dessus, c'est le nom de notre petite église, cherchez le code ;-)

Le travail des archéologues d'aujourd'hui, les méthodes de datation, le dépouillement des archives permet aujourd'hui d'affirmer que la période d'occupation des souterrains se situe principalement au 11ème et au 12ème siècle. Certains éléments plaident en faveur du Xème siècle,

en particulier les poutres retrouvées dans la salle la plus ancienne (elles ont plus de mille ans).
On sait que l'on creuse encore au 13ème siècle.
Les souterrains vont évoluer au cours du temps. A prinçay on notera des aménagements, des retailles, des utilisatioins  nouvelles tout au long du moyen-âge et pendant les périodes plus récentes.
A l'époque récente, ce sont les carriers qui vont dégrader les galeries
On sait qu'encore au 19ème siècle, les habitants de Prinçay et des communes voisines se réunissaient dans la salle des veillées et dans celle des Fadets.
Et qu'est ce qu'on y trouve dans les souterrains ?? Des légendes, des graffitis, des chauve-souris, des p'tits morceaux de poteries, d'outils, de briques ou de tuiles, mais  des trésors en écus ou en louis d'or personne n'en a jamais trouvé ! 



Règlement des Soutterrains ! 

En 1855, les explorateurs comptaient à peine 10 souterrains dans le Poitou.
Je vous laisse juge des progrès...  aujourd'hui on en répertorie plusieurs centaines !
Le temps qui passe sur les lieux creusés et abandonnés entraine des infiltrations d'eau, des érosions et des dépots. Les espaces se remplissent et les souterrains disparaissent.
 A l'occasion d'un labour, d'un arbre qui s'enfonce, d'un piquet de tomate qui disparait mystérieusement, les voilà qui renaissent !
On trouve ainsi des talus de comblement au niveau de l'entrée, des strates de décomposition, des couches d'occupation qui permettent de dater les époques d'occupation et de construction.

Voici donc les devoirs du citoyen explorateur découvreur :
- "Nul ne peut effectuer sur un terrain lui appartenant ou appartenant à autrui des fouilles ou des sondages à l'effet de recherches de monuments ou d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir obtenu au préalable l'autorisation. "
- Il faut éviter de multiplier les ouvertures, la circulation d'air dégrade les galeries.
- Il faut clôturer pour éviter les accidents.
- Il faut prévenir la mairie de sa découverte, qui alertera  le ministère de la culture afin d'évaluer l'intérêt des lieux.

Et il faut bien sur s'appuyer sur les passionnés et les associations qui vont avec pour faire vivre ce patrimoine et l'histoire qui va avec.


Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !


lundi 15 avril 2013

Mourir à Prinçay. Histoire du cimetière



Le cimetière de Prinçay affiche complet.
Une procédure est par conséquent en cours afin de reprendre les concessions laissées à l'abandon.
Trente tombes sont concernées.
Ne vous précipitez pas pour autant, seuls les  habitants du hameau ont droit à l'inhumation dans ce p'tit paradis sous terre ;-)
Un p'tit tour photographique afin de garder une trace et un état des lieux des tombes concernées.

La tombe la plus ancienne encore identifiée est celle de Madame Léonie 
 Fournier née Cognée Léone (emplacement 15) décédée le 02 Avril 1878.
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Bientôt viendra la p'tite histoire des cimetières de Prinçay, documents à l'appui, trouvés aux Archives.
En attendant, histoire d'écrire au jour le jour la vie de ce p'tit hameau, ancienne paroisse puis commune, voici le plan du cimetière avec les tombes concernées, et un diaporama pour garder celles-ci en mémoire....

Patronymes retrouvés : Colombeau, Petit, Chainet, Fonteny, Maille, Alexandre, Marnay, Caillault, Rabier, Adhumeau, Nedeau, Pageard, Cognée, Caillé, Tranchant, Augereau, Dubois, Bajou, Guillot, Roux.


Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !



L'année du bicentenaire,
un coup d'pioche malencontreux porté dans une petite cour de ferme par une parisienne fraîchement promue sorcière prinçaysse multipare réveilla les âmes prérévolutionnaires qui sommeillaient tranquillement sous les vieilles pierres. La ferveur généalogique n'était pas encore née,  mais l'hypothèse  d'un ancien cimetière sous la tablée des Cousinades fut émise.
Restait à la confirmer.


1811 : De paroisse, Prinçay est devenu commune. Son maire est Marc Tessier. Les registres sont passés de la soutane aux sans-culotte.
Les Prinçois sont-ils des rouges ?
Qu'est ce qui les pousse à décider la fusion du spirituel avec Availles ? Mystère pour le moment. Toujours est-il qu'en 1811, c'est fait. L'église ne sert plus et le cimetière non plus...
Les infos des matrices cadastrales permettent de confirmer la localisation de l'ancien cimetière de Prinçay, donnant raison à la sorcière qui médite depuis 20ans au milieu des fantômes...
Le terrain, parcelle I-97 est vendu aux enchères avec la p'tite église en 1811, afin de contribuer à l'acquisition du presbytère d'Availles.
 Accord conclu non sans difficulté, entre les deux maires de Prinçay et d'Availles.


Quelques années passent.
 Les Prinçois enterrent leurs morts au cimetière d'Availles à 2km de chez eux, pendant une petite quarantaine d'années sans trop broncher. Mais ça ne leur plait guère.


En Novembre 1818, Prinçay perd son statut de commune et est rattaché à Availles, ça  met, à coup sur, certains de très mauvaise humeur...
La colère monte doucement jusqu'en 1852.


Les paroissiens souhaitent de nouveau se faire enterrer chez eux, et le font savoir. Ils écrivent au maire d'Availles qui le prend de travers. Le ton monte comme il est permis de le supposer à la lecture du compte-rendu du conseil municipal, bien plus explicite et savoureux que ceux de notre fade époque administrative.
Le maire d'Availles (Martineau) s'oppose franchement à la construction d'un cimetière à Prinçay. Pour lui, les chemins sont bons, les 2km ne sont pas grand chose et la demande des paroissiens n'a pour but que de réactiver les vieilles querelles nées de la fusion de mauvais gré des deux communes.

Une enquête d'utilité publique est menée, la liste nominative des "traitres" à la cause du p'tit cimetière de Prinçay est toujours disponible...
Prinçay fait de la résistance, écrit au Préfet, qui tranchera l'affaire en leur faveur.


Tessier (ancien maire)  offre un de ses terrains, les Prinçois s'engagent à y faire eux même, les aménagements nécessaires.
Le maire d'Availles plie de mauvais coeur, la p'tite église du 13ème siècle reprend du service et

Prinçay retrouve son cimetière.



130 ans plus tard, autour de 1980, il sera de nouveau question de déplacer du mobilier de l'église de Prinçay vers celle d'Availles. Le sang des habitants de Prinçay ne fera qu'un tour, cathos ou pas, retrouvant l'enthousiasme et la solidarité de leurs prédécesseurs,  ils fonderont l'association des "Amis de Prinçay" afin de protéger et restaurer leur patrimoine : l'église, le cimetière, les souterrains et les chemins.


Bientôt en ligne, tous les documents scannés, classés et répertoriés concernant les cimetières de Prinçay.
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