vendredi 15 novembre 2019

M Mortes en couches #ChallengeAZ #Availles86530



Il fut un temps pas si lointain, on accouchait à la maison, et on laissait faire la nature. Certains en ont la nostalgie. Mais comme disait ma grand-mère, la nature ne fait pas toujours bien les choses. Nous sommes quelques-unes à pouvoir en témoigner.
La nature ne fait pas toujours bien les choses... Ma mère le savait, ma grand-mère le sut et tant d'autres avant elles, perdues dans la nuit des temps. Longtemps la peur entoura l'enfantement et la douleur n'était pas le pire.

"La  mort maternelle est définie comme  le décès survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours à un an après la fin de la grossesse, pour une cause quelconque déterminée ou aggravée par la grossesse ou les soins qu'elle a motivés, mais ni accidentelle ni fortuite ".
Dystocie, épuisement,hémorragie de la délivrance, éclampsie, fièvre puerpérale, grossesses itératives des grandes multipares...

Source AD86

En 1632, Denise JARRY meurt en couches, deux ans plus tard c'est au tour de Jeanne BARBOT.  En 1635,  Marie BERTRAND  perd la vie 6 jours après l'avoir donnée. Marguerite MARIN en 1639, Marie DEGENNE en 1668, Michelle SENECHAULT en 1671, puis Anne SENECHAULT deux ans plus tard. Perrine BASSINET en 1683, Anne CLERTE en 1692 meurt après dix jours d'agonie, Jeanne JARRY en 1698, Charlotte GUIGNON l'année suivante, Marie DEGENNE meurt en accouchant en 1706, Marie Cardineau en 1710.
En 1715, elles sont trois malheureuses happées par la faucheuse : Françoise PIRONET meurt six semaines après son accouchement en février, Renée FEURGER le jour même en mars, Jeanne BRION 3 semaines après en mai... La matrone trainerait-elle la mort de maison en maison ?
Jeanne CARDINEAU meurt trois semaines après la naissance de son enfant en 1721, Jeanne BEAUFILS en 1730. Madeleine PIRAUDEAU en 1738 meurt après des deux petites jumelles décédées à 15 jours d'intervalle.
Et la liste s'arrête là, faute d'avoir poursuivi ce dépouillement systématique année par année et en détail des registres paroissiaux d'Availles.
Le curé ne note pas toujours la cause du décès, seule l'analyse détaillée de ces archives permet de mettre en évidence ces drames à l'échelle du village.

Source AD86
Vous ne retrouverez pas les tombes de ces malheureuses  dans les cimetières de Prinçay ou d'Availles. Au XVIIème et au XVIIIème siècle, pas de tombe individuelle pour les pauvresses, le cimetière est près de l'église, à Prinçay comme à Availles. Quant aux dames des châteaux, elles furent inhumées dans l'église ou la chapelle.

Source INSEE
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Ancien cimetière, les patronymes de l'allée L
ANDRAULT – CHABOT – FURGE – GRANDIN – HILLERET – IMBERT - LEGER - LEPINE – MENECAY – MORIN – PAJARD – RIBREAU – ROUX - ROY – VILLOME – ZANKER
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Cimetière de Prinçay, les patronymes en L
LAURANS - LEVEAU

4 commentaires:

  1. Nous avons tous des mères mortes en couche dans nos généalogies. Triste destin alors que le moment de la naissance doit être un moment heureux...

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  2. Dans toutes les époques et toutes les couches sociales cette triste réalité a pesé bien lourd sur les destins.

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  3. Je n'ose imaginer dans quelles souffrances certaines mourraient ! Tristes destins !

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