Jean Chesseron, aumônier de la JOC pendant l’occupation à Châtellerault par Thérèse Guilloteau
J’habite Availles en
Châtellerault depuis 25 ans. J’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans le
montmorillonnais où je suis arrivée l’année de ma naissance à la St Michel en
1952 avec mes parents, mes grands-parents paternels, mes oncles et tantes et
mon frère. Ma famille est originaire de Bressuire. A cette époque, on nous
appelait les migrants. Beaucoup de fermes de cette région du sud Vienne étaient
louées à des agriculteurs qui venaient de Bretagne, de Vendée, de Belgique…
Petite, j’avais toujours entendu
parler d’Albert. Il venait aux fêtes de famille. Il habitait Châtellerault. Mes
grands-parents l’avaient « camouflé » dans leur ferme à la Roulière,
près de Bressuire, pour lui éviter de faire le Service de travail obligatoire (STO)
à la demande de l’Abbé Jean Chesseron (frère de mon grand-père).
Lors de la visite du Nouveau
Théâtre en compagnie de ma mère, elle fut fort émue de reconnaître les lieux, le hall d’entrée, l’escalier qui
conduisait aux bureaux du premier étage. Elle venait en vacances chez son oncle
pendant la guerre. Ce grand oncle (pour moi, on l’appelait Tonton Jean) était
curé de Châteauneuf et Directeur du Cercle Catholique qui à l’époque était en
lieu et place de l’actuel Nouveau Théâtre, rue du Chanoine de Villeneuve. Il
était également aumônier des scouts et de la JOC. (Jeunesse ouvrière
catholique). A l’époque, la JOC comptait 250 membres. Ils se réunissaient au Cercle catholique. A partir de 1940, le
cercle est occupé par l’armée allemande. Ma mère se retrouvait là dans le
couloir, devant les bureaux des officiers allemands. Elle attendait mon grand oncle et lisait sur
un banc. Il lui disait que sa place n’était pas là et qu’elle devait l’attendre
dans son bureau au bout du couloir. Elle était toute jeune, elle devait avoir
une douzaine d’années.
Mon oncle est cité dans le livre
de Marie-Claude Albert, « Châtellerault sous l’occupation ». En tant
qu’aumônier des jeunes de la JOC, il était proche de l’action des résistants de
la Manu. La sœur de Maman me disait
qu’il avait toujours un sac prêt pour changer de vêtements au cas où il serait
dénoncé. La soutane n’est pas forcément le vêtement le plus adapté pour passer
inaperçu. Un des frères de maman soutient qu’il a participé au sauvetage du
Pont Henri IV au côté du sous-préfet Wiltzer.
A la fin de la guerre, il est
sollicité par les membres de la résistance qu’il connaissait bien pour faire
partie du Conseil municipal.
Le plus jeune frère de Maman se
souvient de son premier grand voyage qu’il a effectué jusqu’à Châtellerault à
Pâques 1946. C’est là qu’au Cercle catholique, il a vu sa première séance de
cinéma.
Dans la famille, chacun a une
anecdote à raconter sur Châtellerault. Cela a commencé à une époque où je
m’étonne encore de ce déplacement de ma mère dans un territoire et une époque plutôt
tourmentés, d’un autre oncle qui a été abbé d’une autre paroisse, d’un frère
projectionniste à la MJC RASSETEAU, de moi-même instit dans une classe de 4ème
pratique à Saint Gabriel. Enfin, de cet
ancrage à Availles depuis 25 ans suite à la mutation de mon conjoint à la MJC
des Renardières.
THERESE GUILLOTEAU
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Note de la sorcière
Merci Thérèse pour ta générosité.
Bien belle histoire qu'il fallait absolument mettre par écrit... Je suis bien contente de l'avoir lu
RépondreSupprimerHeureux de lire un texte sur Jean Chesseron, originaire de la Roulière de Terves et curé. Il fait aussi partie de ma famille à titre plus lointain puisque je descends de sa tante, Marie Chesseron, épouse de Lucien Deborde Je connais bien le neveu de Jean, Michel, qui exerça longtemps le même sacerdoce, qui est mon parrain et fut le filleul de mon père.
RépondreSupprimerAlors ça ! Je transmets à Thérèse qui comme moi, n'a pas du voir ce commentaire. Merci.
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