mardi 12 novembre 2019

J - JOC par Thérèse Guilloteau #ChallengeAZ #Availles86530



Jean Chesseron, aumônier de la JOC pendant l’occupation à Châtellerault par Thérèse Guilloteau

J’habite Availles en Châtellerault depuis 25 ans. J’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans le montmorillonnais où je suis arrivée l’année de ma naissance à la St Michel en 1952 avec mes parents, mes grands-parents paternels, mes oncles et tantes et mon frère. Ma famille est originaire de Bressuire. A cette époque, on nous appelait les migrants. Beaucoup de fermes de cette région du sud Vienne étaient louées à des agriculteurs qui venaient de Bretagne, de Vendée, de Belgique…
Petite, j’avais toujours entendu parler d’Albert. Il venait aux fêtes de famille. Il habitait Châtellerault. Mes grands-parents l’avaient « camouflé » dans leur ferme à la Roulière, près de Bressuire, pour lui éviter de faire le Service de travail obligatoire (STO) à la demande de l’Abbé Jean Chesseron (frère de mon grand-père).  
Lors de la visite du Nouveau Théâtre en compagnie de ma mère, elle fut fort émue de reconnaître  les lieux, le hall d’entrée, l’escalier qui conduisait aux bureaux du premier étage. Elle venait en vacances chez son oncle pendant la guerre. Ce grand oncle (pour moi, on l’appelait Tonton Jean) était curé de Châteauneuf et Directeur du Cercle Catholique qui à l’époque était en lieu et place de l’actuel Nouveau Théâtre, rue du Chanoine de Villeneuve. Il était également aumônier des scouts et de la JOC. (Jeunesse ouvrière catholique). A l’époque, la JOC comptait 250 membres.  Ils se réunissaient  au Cercle catholique. A partir de 1940, le cercle est occupé par l’armée allemande. Ma mère se retrouvait là dans le couloir, devant les bureaux des officiers allemands.  Elle attendait mon grand oncle et lisait sur un banc. Il lui disait que sa place n’était pas là et qu’elle devait l’attendre dans son bureau au bout du couloir. Elle était toute jeune, elle devait avoir une douzaine d’années.
Mon oncle est cité dans le livre de Marie-Claude Albert, « Châtellerault sous l’occupation ». En tant qu’aumônier des jeunes de la JOC, il était proche de l’action des résistants de la Manu.  La sœur de Maman me disait qu’il avait toujours un sac prêt pour changer de vêtements au cas où il serait dénoncé. La soutane n’est pas forcément le vêtement le plus adapté pour passer inaperçu. Un des frères de maman soutient qu’il a participé au sauvetage du Pont Henri IV au côté du sous-préfet Wiltzer.
A la fin de la guerre, il est sollicité par les membres de la résistance qu’il connaissait bien pour faire partie du Conseil municipal.
Le plus jeune frère de Maman se souvient de son premier grand voyage qu’il a effectué jusqu’à Châtellerault à Pâques 1946. C’est là qu’au Cercle catholique, il a vu sa première séance de cinéma.
Dans la famille, chacun a une anecdote à raconter sur Châtellerault. Cela a commencé à une époque où je m’étonne encore de ce déplacement de ma mère dans un territoire et une époque plutôt tourmentés, d’un autre oncle qui a été abbé d’une autre paroisse, d’un frère projectionniste à la MJC RASSETEAU, de moi-même instit dans une classe de 4ème pratique à Saint Gabriel.  Enfin, de cet ancrage à Availles depuis 25 ans suite à la mutation de mon conjoint à la MJC des Renardières.

THERESE GUILLOTEAU   
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Note de la sorcière

Thérèse GUILLOTEAU est notre présidente de la MJC des Petites Rivières. Elle a une belle plume et quelques belles histoires de son enfance poitevine à raconter, ainsi qu'une maison availlaise chargée d'histoire. Thérèse participe pour la seconde fois au #challengeAZ, comme quoi c'est en écrivant qu'on aime écrire. 
Merci Thérèse pour ta générosité. 

3 commentaires:

  1. Bien belle histoire qu'il fallait absolument mettre par écrit... Je suis bien contente de l'avoir lu

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  2. Heureux de lire un texte sur Jean Chesseron, originaire de la Roulière de Terves et curé. Il fait aussi partie de ma famille à titre plus lointain puisque je descends de sa tante, Marie Chesseron, épouse de Lucien Deborde Je connais bien le neveu de Jean, Michel, qui exerça longtemps le même sacerdoce, qui est mon parrain et fut le filleul de mon père.

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    1. Alors ça ! Je transmets à Thérèse qui comme moi, n'a pas du voir ce commentaire. Merci.

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