Reprendre, autant que faire se peut, le rythme des
généathèmes proposés par Sophie Boudarel, une bonne résolution en ce début
d’année. Participer à cet exercice d’écriture collective autour d’un
thème imposé de généalogie est une excellente manière de varier le regard vers
des horizons aussi divers que lointains.
En ce mois de février, nous partageons autour des
délibérations de conseil municipal (DCM).
Ce sujet s’est naturellement inscrit au programme de
l’atelier mensuel de généalogie d’Availles que j’ai le plaisir d’animer au sein de la MJC des Petites Rivières (le prochain aura lieu le 4 mars). En
effet, les séances commencent souvent par la courte présentation d’une
ressource d’archives, et sa mise en valeur à l’aide d’un exemple particulier.
Les délibérations de conseil municipal sont conservées aux archives communales d’Availles. Elles sont reliées en registres, et débutent le 28 mai 1849. Drôle de date pour ouvrir un premier registre. Il y en eut sans doute d'autres qui, hélas, n'ont pas traversé le temps.
Les délibérations de conseil municipal sont conservées aux archives communales d’Availles. Elles sont reliées en registres, et débutent le 28 mai 1849. Drôle de date pour ouvrir un premier registre. Il y en eut sans doute d'autres qui, hélas, n'ont pas traversé le temps.
Quelques feuillets isolés, conservés aux AD86, concernent
les budgets des communes d’Availles et de Prinçay avant leur réunion en 1818.
Les délibérations municipales se lisent comme un roman, comme un polar parfois. Il
en est ainsi de celles d’Availles-en-Châtellerault qui débutent par les différents qui opposent les gens de
Prinçay à ceux d’Availles, au grand agacement de Monsieur Chabot, maire des dites communes si difficilement réunies.
En ouvrant le premier registre, nous basculons dans une saga
availlaise truculente et fleurie, nous cheminons dans le temps et l’histoire au
rythme des élans rédactionnels de monsieur le maire. Nous croisons les
conseillers municipaux, leurs préoccupations, leurs ambitions, leurs espoirs,
leurs revendications. Nous croisons les Availlais et leur difficile vie
quotidienne, la liste des indigents, des enfants aidés, des veuves abandonnées,
les malades condamnés par la lenteur de mise en pratique d’un progrès
scientifique conquérant. Nous bataillons pour une armoire bibliothèque, nous
croisons une brodeuse de bonnes mœurs, nous installons l’électricité afin que
l’institutrice puisse enfin enseigner les parents d’élèves.
Pour le généalogiste, l’envie est là de tout lire, de tout collecter,
de transcrire afin de faciliter les recherches, d’indexer, de partager afin de retracer enfin quelques parcours tombés
dans l’oubli. Ces pages illustrent le quotidien de la ruralité, mais aussi le courage, la ténacité, l’espoir des gens de
biens et des gens de peu au sein de ce nid communal qu'est la maison commune.
Nous avons, à Availles, réussi à mener une transcription de
ces ressources qui à défaut d’être littérale s’avère exploitable. Un fichier
word facilite les recherches et renvoie aux pages des registres concernés.
Afin de mettre en valeur la richesse de ces documents, nous
leur avons consacré trois « bistrot patrimoine » qui nous ont menés
jusqu’à la Grande Guerre et que nous avons intitulés « Guerres et Paix à
Availles ». Vous pouvez les consulter sur le site de la mairie.
Et à la généalogiste que je suis, que m’ont apporté ces
archives ?
J’ai vu la Grande Guerre et ses suites. J’ai vu ces malheureux de Targé trouver une aide à Availles.
J’ai croisé les voisins, les amis de Chabonnes. J’ai vu les murs tomber, j’ai vu le courage, j’ai vu l’indifférence. J’ai vu les croix tracées sur le papier revendiquer de voir renaître Prinçay.
J’ai pesé le peu de bois donné aux pauvres, le froid dans les maisons. J’ai écouté les silences, j’ai vu monter les ambitions. Et surtout j’ai poursuivi le maillage de la généalogie, qui mène à confronter les archives, à multiplier les sources, pour en apprendre encore, pour comprendre enfin, pour trouver parfois.
- L'honneur de rédiger le parcours availlais d'un des plus illustres personnages du Grand Châtellerault : Monsieur Adrien Treuille. Vous pouvez retrouver ce travail dans le numéro 37 de la revue du CCHA, disponible en salle de lecture de la médiathèque Paul Emile Victor.
- L'honneur de rédiger pour la Société des Sciences de Châtellerault, l'histoire de la maison commune d'Availles, publication à paraître en avril.
- Concernant la généalogie availlaise de la Godardière
J’ai vu la Grande Guerre et ses suites. J’ai vu ces malheureux de Targé trouver une aide à Availles.
J’ai croisé les voisins, les amis de Chabonnes. J’ai vu les murs tomber, j’ai vu le courage, j’ai vu l’indifférence. J’ai vu les croix tracées sur le papier revendiquer de voir renaître Prinçay.
J’ai pesé le peu de bois donné aux pauvres, le froid dans les maisons. J’ai écouté les silences, j’ai vu monter les ambitions. Et surtout j’ai poursuivi le maillage de la généalogie, qui mène à confronter les archives, à multiplier les sources, pour en apprendre encore, pour comprendre enfin, pour trouver parfois.
Comme il est désormais de bon ton de s’inscrire dans un
territoire, je suis allée consulter les sites internet des 47 communes du GrandChâtellerault, espace géopolitique dans lequel s’inscrit
Availles-en-Châtellerault.
Mon objectif : rechercher les communes du Châtelleraudais qui mettent en ligne leurs DCM les plus anciens.
Mon objectif : rechercher les communes du Châtelleraudais qui mettent en ligne leurs DCM les plus anciens.
Quelques données issues de mon périple numérique dans notre communauté d’Agglo :
-
13/47 communes ne possèdent toujours pas de site
internet.
- 15/34 communes bénéficiant d’un site internet ne
mettent aucune délibération en ligne.
-
18/34 communes bénéficiant d’un site internet
mettent leurs délibérations contemporaines en ligne. Les plus anciennes datent
de 2008.
Et qui l'eut cru ?
Une seule...
Vous avez bien lu...
Une seule des 47 communes du Grand Châtellerault met en ligne ses délibérations de conseil municipal les plus
anciennes.
Il s’agit de la commune d'Availles-en-Châtellerault.
Les DCM sont en
lecture libre de 1849 à 1918, grâce au projet de valorisation des archives
initié en 2016 par Monsieur François ARNAULT, maire d'Availles, projet poursuivi par son successeur Monsieur Jean-Denis VASLIN.


Bonjour,
RépondreSupprimerVous avez publié la photo de mariage Rouget-Roy de 1894 à Availles-en-Châtellerault. Les coiffures féminines visibles sont presque toutes des "auréoles". Dans mon étude (Les coiffures féminines de la Belle Epoque. Les chignons de 1870 à 1914), la plus ancienne "auréole" que j'ai trouvée sur Paris est datée de 1894. Si on ne peut pas remettre en doute la date du mariage, merci de ma dire si votre famille entretenait des relations particulières avec Paris pour expliquer une présence de cette coiffure à la mode à Availles-en-Châtellerault. J'ai peine à imaginer que toutes les femmes étaient parisiennes sauf la mariée de Chabonnes qui porte aussi une "auréole".
Cordialement