La Croix Fleuriau version 2020.
La précédente s'était fendue puis brisée sous les rudesses de l'hiver.
La nouvelle Croix Fleuriau interpelle le regard du promeneur et se prête à merveille aux jeux de lumière de ce rendez-vous chargé de mémoire.
Choisie parmi les croix des tombes abandonnées du cimetière de Prinçay lors du processus de reprise des concessions, elle trouve ici naturellement sa place.
A l'occasion de ce processus de reprise des concessions, un travail de documentation, de conservation et d'archivage fut mis en place par François ARNAULT et Jean-Denis VASLIN, mené avec soin par Jacky JOSEPH ancien conseiller municipal et poursuivi jusqu'en 2020 par l'archiviste de la commune.
La Croix Fleuriau fait partie de la Rando des Croix inaugurée lors de l'opération "Un village des patrimoines" en 2016 et que j'ai eu le plaisir de guider à de nombreuses reprises.
Ce chemin de randonnée fait désormais partie des itinéraires retenus par l'Office du Tourisme du Grand Châtellerault.
Revenons à l'histoire de la Croix Fleuriau.
Pour l'amateur des Bois, elle est un incontournable lieu de promenade.
Elle est nommée Fleuriau sur le cadastre de 1810,
Fleurioux sur le suivant, allez savoir pourquoi, certains la nomment Furiot ou Fleuriot.
D'Availles à Prinçay, tout le monde sait qu'à cet endroit sont morts un ou plusieurs enfants,
noyés dans une des fosses laissées par l'extraction de la pierre meulière. Cette pierre que l'on trouve par chez nous et qui transportée jusqu'à la Vienne, fit longtemps les moulins du royaume.
La moulière extraite, la nature reprend ses droits, les arbres s'installent, l'eau stagne, la vie et la mort se côtoient.
Une noyade d'enfants donc mais... Qui ? Quand ? Combien ?
Petite enquête généalogique.
En Octobre 1753, un autre drame se joue au même endroit, exactement. Les documents qui en attestent nomment ce croisement de chemins, la "Croix Fleuriau", confirmant ainsi l'orthographe du lieu. Il nous faut chercher patiemment plus avant dans les registres.
La tâche n'est pas bien difficile, il y a peu d'actes pour les Fleuriau, tous concentrés entre 1677 et 1717.
Elle s'y noie sans doute la veille et sera inhumée le 13/09/1717.
Aucun autre enfant n'est mort ce jour-là, ni à Prinçay, ni à Availles, ni à Asnières, paroisses environnantes. Jeanne est probablement la seule victime de ce drame.
Ce n'est pas une petite paysanne ordinaire.
Son père est Pierre Fleuriau et sa mère Catherine Chevallier, ils se sont mariés à Chatellerault et sont fils et fille d'huissiers, ils signent tous deux le registre.
A cette époque lointaine, les douleurs s'apaisaient-elles déjà dans les chemins sombres et solitaires qui mènent à une croix ?
Il arrive parfois que le sort s'acharne, hier encore bien plus qu'aujourd'hui.
Moins d'un an avant la naissance de Jeanne, Pierre et Catherine perdaient leur premier enfant, Renée, à un jour de vie. Je ne leur retrouve pas d'autre enfant.
Au petit bouquet sylvestre retrouvé lors d'une promenade matinale au pied de la Croix, il me plait à penser que la petite Fleuriau n'est pas la seule belle âme à protéger ce lieu, celle d'un jardinier amoureux de ces chemins l'accompagne sans doute.
Voilà la Croix telle qu'elle était avant la seconde guerre mondiale. Combien de fois a-t-elle été remplacée ? Personne ne sait. Le bulletin municipal de 2002 nous apprend que démolie après la guerre, elle sera réinstallée quelques années après et bénie en 1995 par le curé Bucco en présence de Jacky PELTIER, maire et des habitants du village.
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Mise à jour d'un article datant de 2013








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