mercredi 4 octobre 2017

La Gazette Availlaise - Mars 1947 - Numéro 5



Le numéro 4 est manquant. Voici le numéro 5 suivant et la transcription toujours aux bons soins de Mado Savary, que je remercie chaleureusement ! 
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GAZETTE AVAILLAISE
Mars 1947 Numéro 5
Bulletin périodique de l’association : Les Amis Républicains d’Availles.
Siège Social : salle Hilleret à Availles
LA NOUVELLE BAISSE DES PRIX
Une nouvelle baisse des prix est entrée en vigueur depuis le 1 mar. Cette baisse est accueillie favorablement par les consommateurs, mais elle provoque les récréminations de certains producteurs et commerçants. C’est qu’en effet, si elle est immédiatement avantageuse pour les premiers elle restreint, de façon apparente tout au moins, la marge bénéficiaire des seconds. Pourtant il est nécessaire qu’elle soit pratiquée intégralement par les uns et par les autres si l’on veut qu’elle sauve notre monnaie. C’est bien le cas de dite qu’il s’agit d’une œuvre de solidarité, car possédants et prolétaires y ont un intérêt concordant. Mais dans la circonstance, les producteurs ont figure de « sacrifiés ». Quelles raisons ont-ils de ne pas être récalcitrants ? C’est tout d’abords la perceptive de voir augmenter la puissance d’achat de notre monnaie et partant de voir augmenter l’importance de leurs ventes : augmentation de la quantité de leurs ventes devant compenser pour eux l’inconvénient de la baisse des prix. D’autre part, les commerçants ne sont pas que commerçants : ils sont des consommateurs et sous cet angle ils bénéficieront eux-aussi de la baisse des prix. Enfin, tous consommateurs et producteurs industriels et commerçants ont un intérêt primordial à voir se réalisés l’assainissement de notre monnaie puisque, en fin de compte sans cela, nous irions à la catastrophe à la ruine. Notre intérêt bien compris exige donc que nous soyons « BAISSIERS ». Puisqu’il en est ainsi, créons donc le climat nécessaire à la réussite de la nouvelle baisse. Consommateurs profitons-en pour augmenter notre standard de vie, et pour diminuer les restrictions dont nous souffrons depuis six ans. Producteurs et commerçants acceptons-la avec le sourire de l’optimisme, puisqu’elle assainira le marché et la monnaie, et qu’ainsi elle entrainera la renaissance d’une ère de saine prospérité. Notre président du conseil nous dit que la baisse qu’il a organisé ainsi qu’une production accrue, peuvent seuls nous sauver de la ruine. Il est seul en possession des éléments qui permettent de porter un tel jugement. Nous devons l’en croire sur parole et faire ce qu’il nous conseille et nous ordonne. Par notre comportement, créons donc le « climat » nécessaire à la réussite de son entreprise évitons-lui pour le moment tout au moins, les difficultés qui seraient susceptibles d’entraver son succès. Nous devons l’encourager dans son action. En résumé, profitons avec bonne humeur de la baisse, pratiquons-la pour l’avantage de tous dans un avenir prochain. Soyons optimistes envers et contre tout. C’est la condition de notre salut. C’est le moyen d’être de bon Français. Enfin c’est le BON SENS.  
LE CARTESIEN
PLAN DE SECURITE
Le titre ci-dessus est emprunté à un entrefilet paru dans le journal « LA VIENNE AGRICOLE » du 15 février dernier. Dans cet entrefilet il est dit que l’application du plan de sécurité sociale « tel qu’il est conçu » entraînerait le versement par chaque exploitant d’une cotisation de 4000 frs à l’hectare. On ne spécifie pas s’il s’agit d’une cotisation annuelle ou d’un premier versement, les autres devant être moindres. Cette imprécision mène dénote que la question est restée loué dans l’esprit du rédacteur. Quoiqu’il en soit cette nouvelle répandue au été marché de châtellerault du jeudi 20 février a jeté le désarroi dans l’esprit des braves cultivateurs qui pour protester contre semblable prétention envisageaient la vente immédiate de leur cheptel et la cessation de leurs cultures. C’était une réaction exagérée mais nous comprenons leur émotion. 4000 frs leur enlèveraient leur bénéfice annuel. Or, rien n’est encore fixé à ce sujet. C’est donc sans raison plausible qu’on a inquiété l’opinion publique agricole. Pourquoi ?...Manoeuvre politique ?...S’il en est ainsi nous ne saurions protester trop énergiquement. Notre pays na pourtant pas besoin d’être troublé. Il faut de la tranquillité et de la sécurité pour pouvoir travailler sans arrière pensée à la réparation de nos ruines et à l’augmentation de la production. Nous le répétons et ne cesserons de le répéter : ne créons aucun embarras supplémentaire à notre gouvernement qui a courageusement entre bien d’une contribution à ce plan et non d’un impôt nouveau comme le bruit en a courru. D’après les renseignements que nous avons pu recueillir son application à l’agriculture fera l’objet d’un projet de loi à soumettre au parlement. Une discussion utile pourra s’engager devant l’Assemblée Nationnale et au Conseil de la République. C’est à cette discusion que la C.G.A se doit de se préparer, afin de pouvoir éclairer utilement nos parlementaires des deux chambres. En attendant il est prématuré de s’agiter. Nous croyons savoir que le chiffre de 4000 frs a été calculé par un esprit curieux qui toutefois ne possède pas tous les éléments de la question. Son approximation n’a rien d’officiel, elle lui est toute personnelle. Quant à nous nous approuvons pleinement le principe de la sécurité sociale appliqué à l’agriculture. Mais nous demandons que le projet soit parfaitement et complètement étudié de façon à le résoudre dans l’intérêt général c'est-à-dire à créer une situation raisonnablement suffisante pour les assurés sociaux, et à fixer strictement compte tenu de leurs possibilités les prestations à payer par les cultivateurs. En tout état de cause nous allons suivre la question de près pour en entretenir nos lecteurs en temps et lieu.
ON DIT QUE….
….au sujet de la pompe municipale, après longue discussion le tuyau n’ayant pas voulu descendre jusqu’à l’eau, c’est l’eau qui est montée jusqu’au tuyau, et qu’en fin de compte les usagers sont satisfaits….quelque part à Availles  le blé de printemps a subitement doublé de valeur  à la suite du gel qui l’a fait rechercher comme blé de semence. Est-ce là ce qu’on appelle l’esprit de solidarité….
CHRONIQUE DES FETES.
Le dimanche 2 mars comme nous l’annoncions la J.A.A. avait organisé dans notre commune une soirée dansante en l’honneur du carnaval. Le succès que remporta cette fête suffit amplement à en montrer la réussite. Félicitations ce groupe actif qui tout en poursuivant son œuvre entreprise en faveur de la jeunesse rurale, sait à l’occasion faire renaître de vieilles traditions populaires. Le carnaval est en effet une de ces réjouissances dont nous devons pour notre folklore regretter l’abandon. Pour le bien comprendre il n’est que se rappeler l’ambiance créée instantanément dans la salle Hilleret à l’arrivée du cortège de « sa majesté carnaval 1er d’Availles. L’enthousiasme gagna d’un coup tous les couples et ce fut aussitôt une folle gaité. La danse menée par un orchestre endiablé, ne fut qu’à peine interrompue par le tirage de la tombola pendant lequel, dans le silence anxieux des assistants le cri-cri crescendo des roues de la fortune accompagné par les roulements crescendo du jazz, scandait agréablement l’appel des numéros gagnants. Les superbes lots avaient été offerts par de généreux donateurs parmi les quels nous relevons les noms des excellentes maisons : Sutter, cycles, Bouyer, peinture et décorations Clause, Graineterie, Gourdonneau, Librairie, Le pet’it café, etc….de magnifiques prix également furent offerts aux ? qui  ont tant contribués par leur belle présentation à l’intérêt de la soirée. A minuit les clowns « Alex et Savata «  prétendus envoyés de Médrano venaient nous divertir dans un sketch fort applaudi. Enfin ce n’est qu’à regret que tous se quittèrent en faisant pour l’année prochaine des projets plus étendus, tandis que d’enragés fêtards allaient réveillonner chez l’un des leurs. Pour conclure nous adresserons à la J.A.A. nos vifs remerciements. Nous lui souhaiterons de persévérer dans cette ligne avec son entrain et son ardeur coutumiers, car de telles fêtes populaires, tout en ramenant dans notre commune des heures de joie servent bien plus l’esprit de concorde que de vaines paroles. Ce n’est pas en effet par des phrases que l’union tant demandée se réalisera.
Bravo la J.A.A. et courage votre effort a été couronné de succès.

La « Gazette » s’excuse du retard apporté à la parution du présent numéro, il est dû à la mise au point d’un nouveau procédé de tirage. Nous pensons ainsi votre être agréable en pouvant satisfaire un nombre  d’amis plus grand et surtout en rendant la lecture plus facile par une impression meilleure.

2 commentaires:

  1. ça sent le stencil, ça, comme nouveau procédé de tirage , non ? :D C'est beau la technique moderne quand même ! En tout cas, la commune était déjà très active !

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  2. Oui c'est sur ! Les premiers sont pratiquement illisibles !

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