lundi 19 juin 2017

P comme Patronage d' #Availles86 #ChallengeAZ



Grandir à Availles c'est passer ses jeudis au patronage ! Pas une conversation de collecte de mémoire sans évocation de ces beaux jeudis récréatifs ! Deux générations d'Availlais ont bénéficié des bienfaits des petites soeurs de Prinçay : Marguerite la plus petite et Madeleine la plus grande.
Au patronage, on jouait au ballon, au raquettes, on faisait de la balançoire (la balançoire est bricolée avec une échelle), on donnait un coup de main aux petites soeurs, on jouait la comédie (il y avait un théatre au presbytère de Prinçay), on partait en promenade. On se déguisait, on se faisait beau, on mettait l'uniforme, on riait et on obéissait.
Beaucoup de moments de joie pour les enfants du village et autant d'occasion de mixité sociale, car au patronage tout le monde y allait !

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Voici la photo confiée la semaine dernière par Monsieur BERTON qui nous a gentiment identifié presque toutes les participantes. Monsieur BERTON est un jeune homme de 97 ans. 
1er rang en bas de Gauche à droite : Soeur Marguerite, Gilberte SIMON (?), Ginette LEPINE, Yvette MORICET, Gilberte SIMON (?), Madeleine LEPINE (née BOULINEAU), Madeleine BEAUFILS (née BONNEREAU), Odette TRAIN, Soeur Madeleine
Rang 2 :  ? , Jacqueline GRATEAU, Jeanine GIRAULT, Lucienne RIBES (née PREVOST, ? , Madeleine RIBES (épouse LEPINE), Marcelle MORICET, Veuve LEREQUE.
Rang 3 : ? , Paulette DEBAIN, Madeleine VITAL,  Marcelle MORICET
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Vous retrouverez bientôt, un fichier pdf complété avec toutes les photos du patronage et les identifications établies. 
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Soeur Marguerite et Soeur Madeleine 


Comme dit le poète : celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas...
Tous adoraient Marguerite et Madeleine, les petites soeurs de Prinçay.
Marguerite, la plus petite, la plus douce. Madeleine la plus grande et la plus sévère.

Quelques anecdotes autour des petites soeurs :
  •  La pompe du puits du presbytère de Prinçay : Les petites sœurs de Prinçay demandaient aux enfants qui venaient le jeudi et le dimanche au patronage, de manœuvrer la pompe (c’était trop difficile pour elles) et ainsi le bassin était plein pour les jours qui suivaient. (Source - Alain D et Thierry L)
  • Laurent BERTON, 97 ans, me racontait hier que les petites soeurs étaient bien inquiètes à l'arrivée des allemands dans le village et qu'il partit dormir quelques jours au presbytère pour leur assurer protection !  
  • Après avoir longtemps parcouru les chemins en carriole, elles finirent par adopter la mobylette pour livrer leurs bons soins de maison en maison avant de trouver un chauffeur pour leurs vieux jours
  •  La bague, l'âne et l'ancêtre. La mémoire orale se souvient que l'âne des petites soeurs se nommait "Gazelle". 
  • Pour fournir aux petites soeurs une voiture et un âne, une souscription est ouverte qui réunit de nombreux donateurs ! 

"Sœur Marie-Marguerite, la petite sœur de Prinçay.
On apprenait la semaine dernière le décès de Sœur Marie-Marguerite, survenu au sein de la petite communauté de Leigné-les-Bois.
La nouvelle aura profondément marqué les habitants d’Availles-en-Châtellerault, Sœur Marie-Marguerite, en effet résida pendant de très longues années dans la petite paroisse de Prinçay (qui fait partie intégrante d’Availles) avec une autre religieuse qui était aussi sa sœur par le sang et qui est décédée il y a déjà plusieurs années, sœur Madeleine.
Marie-Marguerite était boulotte ; sœur Madeleine était grande. Comme elles se déplaçaient toujours de conserve, il était déjà amusant de relever cette dissemblance. Le pittoresque de la situation provenait surtout du fait qu’elles avaient comme moyen de locomotion une petite charrette à âne. C’est ainsi (du moins dans les débuts) qu’elles portaient leurs secours aux malades, avec un inlassable dévouement.
Leur mission ne se limitait pas là, puisque, profitant de l’existence à Prinçay, d’une salle des fêtes, elles jouèrent longtemps un rôle d’animatrices, en organisant le patronage pour les jeunes et des séances théatrales avec les adolescents.
C’est l’abbé LONGER, célèbre curé d’Availles, qui, au départ du desservant de Prinçay dans les années 30, les avait installées dans les locaux du presbytère (propriété de la famille TREUILLE à l’époque). Avec beaucoup de zèle, elles relayaient son propre ministère  et y ajoutaient, ainsi que nous l’avons dit, une note pittoresque qui avait beaucoup contribué à les rendre populaires.
A l’heure de la vieillesse, elles avaient trouvé en la personne du commandant Pierre HUGUET, un chauffeur tout à leur dévotion. Il n’était pas rare de voir l’ancien chef des pompiers de Châtellerault, homme d’une grande droiture mais qui n’était cependant pas un pilier d’église, se promener dans les rues de Châtellerault en compagnie des deux religieuses, qu’il avait prises d’amitié.
Sœur Madeleine et sœur Marguerite dépendaient de la petite communauté des « Ancelles rurales du Saint-Sacrement » de Léigné-les-Bois, fondée par Marie SAIVEAU une fille de cette commune qui, bouleversée par un chagrin d’amour, se découvrit l’étoffe d’une fondatrice. La petite communauté aujourd’hui prise en charge par un groupe de dominicaines, ne compte plus que deux sœurs très agées.
Après sœur Marguerite, ce sont les deux dernières survivantes."

La date manque hélas à la coupure de presse, et l'enquête n'a pas avancé quand à la biographie exacte de ces deux personnages du village. Marguerite est morte dans les années 80, puisque j'ai eu le plaisir de la rencontrer au tout début de ma rencontre avec mon futur épousé. J'étais loin à l'époque d'imaginer l'intérêt que je porterai à la vie d'Availles, si j'avais su, j'aurais été bien plus curieuse !


Sources :
Archives Diocésaines
Collecte de documents - Mémoire des Availlais. 

2 commentaires:

  1. J'ai souvenir que mon frère allait au presbytère et nous, les filles, à l'école des filles, dans la cour
    de récréation. Je me souviens que c'était plutôt agréable, on jouait beaucoup mais aussi, on aidait à la cueillette du tilleul, balayage des feuilles mortes et préparation des communions ... mais globalement plutôt de bons souvenirs. Bises. Annick

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    1. ici tout le monde confirme la gentillesse de Marguerite et la sévérité de Madeleine, dans une incroyable unanimité, et sur deux générations ;)

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