lundi 10 juillet 2017

Soldat François Leronde - Prinçay - 1793


Natif de Prinçay (27/12/1774), François L'Heronde (Léronde) est mort à 19 ans, à Luçon en Juillet 1793 lors des guerres de Vendée.
Les vendéens n'ont pas vraiment apprécié les dispositions de la Convention vis à vis du clergé, l'exécution du Roi n'arrange rien à la révolte des paysans dans la région. Le 10 mars 1793, la Convention fait lever en masse 300 000 hommes dans tout le pays. François de Prinçay en est, c'est un "bleu" un républicain, il part en guerre contre les paysans vendéens, les "blancs" ses si proches voisins.


Nous maréchal René Creuzé, juge de paix du canton de Dangé Département de la Vienne, certifie à tous ceux qu'il appartiendra que lorsque je commandais en 1793 la deuxième compagnie du premier bataillon de Partenay, le citoyen François L'Heronde de la commune de Prinçais canton de Vouneuille, est mort à Luçon dans le mois de Juillet et qu'il était volontaire dans ma compagnie de 1793 à Piollant commune de Dangé ce 23 Fructidor au fin de la République française une et indivisible.

Moi François Barbot, caporal retiré en vertu d'un congé absolu à cause de mes blessures comme ayant servi avec le commandant François L'Heronde dans la deuxième Compagnie du Premier Bataillon de Partenay, certifie que le dit François L'Héronde est mort à Luçon dans le mois de Juillet 1793 en foi de quoi j'ai figuré le présent certificat.

Le 1er le général Tuncq passe de Varades à Luçon, et des rives de la Loire aux bords de l'Océan. Il prend le commandement qui est retiré à Sandos.
« Sandos était méprisé du soldat. Tuncq n'est guère aimé. Le bataillon le Vengeur se mutine contre lui, et ce n'est que le 5 que finit ce désordre.
« Les querelles cessent quand on apprend la défaite de Westermann et le succès obtenu par les Brigands à Châtillon.
« Il ne s'agit plus de se disputer, mais de se défendre.
« La première moitié du mois se passe en escarmourches, dans la vallée du Lay.
« Dans la seconde moitié, les combats deviennent sérieux.
« Le 25, l'adjudant-général Canier se porte à Saint-Philbert-de-Pont-Charron ; il passe la rivière, et prend un canon à la bande d'avant-garde de l'armée de Royrand, qui veut s'opposer à sa marche.
« Tuncq arrive, et achève de défaire cette avant- garde. Sapinaud de la Verrie, qui la commande, est pris et sabré.
Le 26, Tuncq entre à Chantonay, après avoir battu et dispersé le corps d'armée de Royrand, fort de cinq à six mille hommes, et qu'il a surpris à l'heure de vêpres.
« Après cet exploit, nos troupes qui ne se sentent soutenues ni par la division de Niort ni par celle des Sables, et qui aisément pourraient être coupées, se replient sur Luçon, et se fortifient dans trois positions retranchées qu'elles prennent en avant dans la ville ».
« La droite, commandée par Sagot, est à Sainte- Gemme ; la gauche, commandée par Lecomte 3, est à Corps.
« Deux bataillons et du canon , qui étaient en observation à Bessacs (près Mareuil), sont rappelés et rentrent au camp établi aux Quatre-Chemins.
« Le 29, on reçoit l'avis de l'approche des Brigands, et toute l'armée de Luçon se tient sous les armes
« Le 30, l'armée chrétienne, forte de trente mille hommes, s'avance, et attaque à midi avec son impétuosité accoutumée. Notre centre plie, et les Brigands déjà comptent sur la victoire. Mais nos bataillons, à la voix de Tuncq, à la voix de leurs chefs, se remettent en ligne : c'est aux Vendéens à plier àleur tour. Aux ailes, le combat s'est constamment soutenu en notre faveur. A trois heures, tout le front s'élance aux cris de vive la République : Tuncq, Sagot, Lecomte, font assaut d'héroïsme. Tous les officiers imitent leur exemple : les troupes se surpassent. On cite un capitaine de grenadiers qui, criblé de coups de feu, de coups de sabre, combat toujours.
« Lescure, d'Elbée, Royrand, Marigny, Talmont, Larochejaquelein, se battent en désespérés; mais il faut qu'ils reculent; leurs bandes se dispersent, et partie de leurs canons, de leurs drapeaux, de leurs blessés restent en notre pouvoir.
« Nos hussards poursuivent les Brigands jusqu'au Lay, et jonchent de morts les chemins, les champs, les fermes. »
Bulletin de Luçon Juillet 1793.

Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

mercredi 5 juillet 2017

Bacheliers d'hier et d'aujourd'hui : Bravo !




En 1851, la gloire du village, c'est le PETIT Paul, le fils "à son père et à sa mère" ! Paul a 22 ans, il vit au Bas Plessis, pas loin de Prinçay.
Certes son père est propriétaire, mais ce n'est ni le rentier de la Tour d'Oyré, ni le Sous-intendant  de la Cataudière !
Au bas Plessis, on ne compte pas de château ni de grosse demeure, seulement des fermes.
François PETIT dit le Malin vit avec Catherine GUILLE, il est cultivateur.
Leur vie est travailleuse mais confortable, deux domestiques, Louis BOUTET 19 ans, et Marie NEVEU 25 ans.
Un seul enfant nait dans ce foyer. Longtemps attendu, François et Catherine ont la quarantaine quand la vie leur fait enfin ce cadeau.  Un p'tit Paul. Pour ce fils unique François et Catherine ont des projets, une ambition à laquelle le p'tit Paul répond, curieux, intelligent.
Au village, le p'tit Paul, tout le monde est fier de lui. Monsieur BEJEAU, l'instituteur de l'école publique fraichement ouverte, et Pierre COTREAU qui fut le premier maitre d'Availles en 1841 et enseignait chez lui. Fier l'était aussi Jean-Baptiste MORIN, le curé qui lui a fait réciter ses déclinaisons après la messe.
Même moi je suis fière de lui encore aujourd'hui !
Parce que le p'tit Paul, c'est le bachelier d'Availles !
Notre Bachelier es lettres !


Généalogie du village d'Availles-en-Châtellerault. 
Source : AD86 recensements de population.

samedi 1 juillet 2017

Bilan du #challengeAZ 2017



Merci Sophie et Brigitte pour cet exploit ! Plus de 2000 billets à gérer, 86 challengers ! Quelle patience, quelle ténacité, quel sagesse. Vous m'avez épatée ! Avec mon caractère de sorcière, j'aurais jeté l'éponge, le savon et le BB cadum avec l'O du bain !
Puisque l'heure est au bilan...
Reprenons les éléments développés en 2013  :

  • Le défi :
    • Cette année, le challenge s'articulait autour des recherches sur Availles et se passait sur le blog consacré au village. Un blog qui roule à 10 à 15 visites par jour, en vitesse de croisière, ce qui est déjà un exploit. L'effet Challenge a fait monter la mayonnaise à une moyenne de 170 visites par jour, et parmi celles-ci de nombreux availlais. C'est une réussite ! Merci à tous, ceux d'ici, ceux d'ailleurs. 
    • J'ai déjà eu l'occasion de dire et de répéter qu'un blog est une ressource.  Le Challenge aura permis de faire connaître celle-ci, et j'espère à encourager d'autres initiatives sur d'autres petites communes. 
    • J'avais matière à article, mais grâce au challenge j'ai enrichi les données du village. 
  • L'écriture :
    • Cette année j'ai écrit au jour le jour, et parfois autour de minuit. J'ai aimé cet exercice. 
    • Je n'ai jamais puisé dans les stocks d'articles, tout a été rédigé de frais, même si la matière sentait la poussière.  
    • Sincèrement, ce challenge, je ne l'ai fait QUE parce que ça me faisait plaisir. L'écriture est un exercice égoïste, elle se nourrit des autres et s'en détache. J'ai de nouveau réussi à écrire tous les jours, ce que je ne faisais plus. 
  • La lecture :
    • Il y avait matière à lire ! Bien sur, il y a les blogs des familiers, les blogs des copains, les blogs des thèmes qui nous parlent. Mais pour lire le challenge, j'ai choisi d'utiliser le tableau excel et méthodiquement de jeter un oeil sur chacun. Bravo à tous.
    • Je reviendrai sur le travail des challengers, un par un, pour une lecture dans la continuité de A à Z. 
    •  Je vois ici ou là des listes de challenges préférés, je n'ai aucune envie d'installer un podium, allez lire, tout est bon à lire. Encouragez les modestes, ceux qui tatonnent, ne flattez pas trop les fort en thème, ils risquent d'éteindre la petite flamme des hésitants, des débutants. 
    • Il y a tout à gagner dans ce challenge à continuer à n'avoir rien à gagner d'autre que le plaisir du partage. Merci à tous ceux qui ont bataillé pour préserver la bonne humeur et le moral des organisatrices. 
  • La place que ça prend :
    • Même écrit au jour le jour, le challenge prend beaucoup de place. Trop de place. 
  • L'entraide :
    • Merci aux  Availlais qui ont apporté la matière de ce challenge ! Photos documents idées, encouragements vous avez été extra ! 
    • Merci à Marie-France et ses superbes lettrines
    • Merci à Mado et la MJC pour les portraits des passeports
    • Merci les lecteurs qui ont stimulé l'écriture. 
    • Merci les challengeurs qui ont joué l'esprit d'équipe ! 
  • La méthodologie :
    •  A travers d'autres challenges j'ai puisé des idées, des infos, des ressources, rien que pour ça, cet exercice mérite le détour. 
    • Les Services publics entrent dans la danse (archives départementales, municipales) c'est formidable, on apprend, on partage. 
  • Les bonnes résolutions :
    • On remet ça l'an prochain ? Comment ? Nous en reparlerons ! J'ai des projets ! 
  • Vous :
    • Vous avez été magiques : Sur Twitter, sur Facebook, au téléphone, au bistrot, en commentaire. Merci et Bravo à vous, pour cette lecture indulgente et contraignante ! Certains sont venus chaque jour, et chaque jour ont laissé un p'tit mot gentil, un p'tit coeur. Merci ! Merci Cathy, Annick, Odile et tant d'autres ! Merci d'avoir mis de l'humour de la bonne humeur, des sourires sur ces billets. 
ET pour finir, comme en 2013, merci à Sophie Boudarel, l'accoucheuse de mots ! 
Vivement l'année prochaine ! 

vendredi 30 juin 2017

Z comme le diplôme de Monsieur LantZ #ChallengeAZ


Nous voilà arrivés au bout du #ChallengeAZ, ce qui mériterait bien un beau diplôme !
Je vous offre celui de Monsieur LantZ dont le patronyme me permet de clotûrer habilement ce défi.
Quelle belle archive que ce diplôme commémoratif, reçu en 1896 par Florent Lantz réélu conseillé municipal !
Florent Lantz, ainsi mis à l'honneur, n'est pas né à Availles, mais à Ottrot-le-Haut en Alsace Lorraine. Il est fils de Florent et de ANDLAINE Marie-Emilie. La famille Lantz est une grande famille d'armuriers de Klingenthal. Comme d'autres familles de Klingenthaliens, les armuriers arrivent à Châtellerault pour travailler à la Manufacture d'armes dans la première moitié du XIXème siècle.
Notre Florent, va trouver l'amour à Monthoiron, avec Marie Louise DUFRESNE qu'il épouse le 4 juin 1877. Les jeunes mariés viennent s'installer à Availles où Florent Lantz deviendra agriculteur.
Ensemble, ils auront trois enfants : Marie-Zénaïde en 1879, Edmond Florent en 1883, et Florentine en 1893.

Florent Lantz est élu conseiller municipal le 15 mai 1892 (notre République est sous la présidence de Sadi Carnot). Son maire est aussi son patron. En effet Adrien Treuille dirigeait à cette époque la Manufacture d'Armes de Châtellerault. Cet éminent notable a-t-il remarqué l'armurier de la Manu ? L'a-t-il encouragé à participer à la vie communale ?


Notre nouveau conseiller semble plein d'ambition et se présente pour le poste d'adjoint, mais ne recueille que deux voix.

Elu assidu, il est rarement absent. 

Florent Lantz est réélu le 17 mai 1896 et nommé délégué à la révision de la liste électorale.  Félix Faure est alors Président de la République depuis un an.
C'est sous ce mandat qu'il reçoit cette belle récompense saluant son engagement municipal.
Le voilà réélu une troisième fois le 20 mai 1900. Ce mandat sera le dernier.


Cette photo du conseil municipal d'Availles date de 1907. Par conséquent Florent Lantz n'y figure pas. Néanmoins, je me permets de l'ajouter (c'est notre plus ancienne photo de conseil municipal) car elle illustre la mixité sociale saluée et encouragée par le diplôme de ce billet. Autour d'Adrien Treuille, l'homme au chapeau blanc, tout le monde s'est fait beau, autant que possible. Personne ne chipoterait pour la cravate, le patriarche en blouse a sans doute fait de son mieux. L'habit ne fait encore ni le moine ni l'insoumis  ;) 


On ne plaisante pas non plus avec les devises vantées par la République :
Pro Patria
 Labor, Pax, Mérite, Abnégation, Devoir. 
Liberté, Egalité, Fraternité. 
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On ne grimpe pas encore facilement l'échelle sociale en 1896, mais on essaie peut-être d'en construire les barreaux. 
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Florent Lantz meurt à Availles le 27 juillet 1911.
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Sources :
Collecte de la mémoire des Availlais
Archives municipales

jeudi 29 juin 2017

Y comme regard sur les Yeux des Passeports Révolutionnaires #ChallengeAZ


S'approprier l'archive, voilà l'ambition, l'objectif de cette exploration du patrimoine menée par le village d'Availles. Et le billet d'aujourd'hui en est un fort bel exemple.
L'idée vient de Mado. Mado SAVARY est notre prof de dessin. Elle anime l'atelier du village depuis maintenant 26 ans et également les activités périscolaires au sein de la MJC d'Availles-en-Châtellerault. Le monde du dessin lui doit quelques créateurs talentueux dont elle a su encourager les premiers gribouillages.

Source AD86 série L

En découvrant  les archives des passeports révolutionnaires conservées aux AD86, Mado a eu une idée géniale : clic-clac, photomaton à l'ancienne ! Faisons dessiner les enfants à partir des transcriptions de passeports !
Mado, Marie-Noëlle et Thérèse ont transcrit les passeports retrouvés et ont confié ces documents aux enfants.
Découvrez le regard de ces artistes en herbe sur les visages des voyageurs de la période révolutionnaire. Ils vivaient à Availles ou dans les villages alentour.

Bravo les petits artistes !!!




Joseph GAUTIER d'Archigny. Cheveux et sourcils blancs, yeux bleus, front rond, nez bien fait, bouche moyenne, visage rond. 


Jean CONGOURDEAU d'Archigny, yeux bleus, front découvert, visage allongé....


Sylvain GENET d'Archigny, cheveux yeux et sourcils chatains


Marguerite HENIN de Monthoiron, yeux et sourcils chatains


Charles SABOURIN d'Asnières, yeux chatains et nez gros ! 


Joseph GAUTIER de Monthoiron, yeux bleus et front rond ! 


A Availles, vous avez du talent, des idées ? Nous avons des archives ! 

mercredi 28 juin 2017

X comme prendre un enfant par l'archive. #ChallengeAZ


Dans le répertoire de l'arbre généalogique d'Availles, il n'y a pas de fantaisie, se trouvent en X tous ceux qu'on n'a pas su ou pas pu nommer.
Et parmi ceux-là, les enfants abandonnés.  On les croise dans les registres paroissiaux, dans les registres d'Etat civil, et une Série leur est consacrée aux Archives Départementales, il s'agit de la Série 3 X. Voyons ce que nous disent ces ressources des petits malheureux de notre commune.

Tout d'abord quelques définitions telles qu'elles nous sont rappelées dans le répertoire des AD86
- un enfant exposé est un enfant abandonné anonymement. Les lieux varient du tas de bois au tour d'abandon, en passant par les portes des maisons...
- on appelle "enfant trouvé", un enfant dont l'exposition a eu lieu et qui est né de père et de mère inconnus. Il est réputé par la loi illégitime jusqu'à preuve acquise du contraire.
- un enfant abandonné est un enfant légitime qui, à raison de la disparition, l'emprisonnement ou la condamnation de ses père et mère est assimilé par les lois aux enfants trouvés.
- un orphelin pauvre est un enfant né d'un mariage légitime, qui en raison de l'indigence de ses parents ou de la mort de l'un ou l'autre est appelé à jouir des fondations faites dans les hospices, pour la nourriture, l'entretien et l'éducation des enfants légitimes.


Le 4 novembre 1734, une petite fille est abandonnée au château de Chitré. Le curé de Prinçay la baptise sous condition et lui donne pour parrain et marraine Louis BOBIN et Marie MINOT domestiques. Se sont-ils chargés de l'enfant ? L'histoire ne le dit pas. Mais à l'époque, on règle le problème à proximité.
Nous retrouvons peu d'enfants exposés dans les registres d'Availles et de Prinçay. Un second est baptisé à Availles en 1655.



En 1833, le petit Arsène Nadine, enfant trouvé est confié à Marie AUGEREAU, nourrice d'Availles. L'enfant a-t-il survécu ? Je ne retrouve ni Arsène ni Nadine dans les tables de décès de notre commune pour la période concernée.


A partir du 1er janvier 1834, les enfants trouvés et abandonnés de la Vienne ne sont plus reçus que dans le seul hospice de Poitiers. Qui a eu cette idée étrange d'une centralisation de l'abandon, dans un monde sans transport et sans lait maternisé ? Quelle volonté sournoise cache cette sombre décision ?
Je laisse M. MARTINET, maire de Châtellerault vous exposer son désarroi et son dégoût, 8 jours après la prise de décision.


Le 9 janvier 1834
Monsieur le Préfet , 
La mesure prise par le conseil général de supprimer les tours des arrondissements, dans lesquels on déposait les enfants trouvés, place l'administration des chefs-lieux dans un embarras fort pénible ; voici celui dans lequel nous nous trouvons en ce moment : une inconnue est venue chez l'une de nos sage-femmes, pour faire ses couches ; elle est dénué de tout, elle ne peut allaiter son enfant ; et sans parents, sans asile, cette malheureuse accueillie par une femme charitable est dans la nécessité de se séparer du fruit de son égarement. Je viens de donner des ordres pour qu'il faut porté à Poitiers ; j'ai assuré la sage-femme que le bureau de bienfaisance l'indemniserait des soins qu'ell a donnés et des frais qu'elle a faits. 
Si pareille circonstance ne se présentait que cinq à six fois par an, ce serait pour le bureau une charge supportable et les frais de transport des enfants ne grèveraient pas la commune d'une somme considérable ; mais nous ignorons où cela pourra se borner ; nous sommes exposés à ce qu'on regarde la ville de Châtellerault comme une espèce d'entrepôt, où l'on apportera les enfants qui s'en trouverons plus près de Poitiers : sur quelles ressources  prendre les fonds indispensables aux frais de transport ? Comment même organiser, d'une manière convenable des transports aussi éventuels ? Ne serait-ce point d'ailleurs nous imposer par notre prévoyance, une charge que nous ne devrions nullement supporter pour les autres communes ? 
Vous voyez, Monsieur le Préfet, que si je viens vous demander les secours de votre sagesse, ce n'est pas sans un besoin réel, la matière est bien délicate ; ce sont les premiers soins surtout, que réclame la faiblesse de ces petits malheureux, que nous ne pouvons faire donner ailleurs qu'à l'hospice , s'il était impossible de les transporter : cela peut arriver souvent. Comment en faire entrer d'ailleurs, quand il y a défense d'y recevoir aucun enfant depuis le 1er janvier ? 
Les auteurs de cet essai, que je ne qualifierai pas, de peur de commettre une injustice, auraient du organiser des espèces de convois dans chaque chef-lieu de canton, qui auraient reçu et transporté les enfants trouvé tous au même point, puisqu'on a pensé que cette mesure pouvait produire de bons effets. Toutefois, dans l'état actuel des choses, je prévois beaucoup d'embarras, de dépenses, et je dirai, de dégoût, car il est bien pénible de se voir obligé d'exposer à beaucoup d'accidents, les pauvres êtres qui ne demandent que des soins et du repos. 
Veuillez accueillir avec bienveillance la demande que j'ai l'honneur de vous adresser et recevoir Monsieur le Préfet, l'assurance de mon respect. 
MARTINET. 





C'est en 1910 que le Conseil Municipal de la commune d'Availles vote la création d'un bureau de bienfaisance, ancêtre de la CAF. 


Sources :
AD86  - Série 3 X
Archives municipales d'Availles-en-Châtellerault. 


mardi 27 juin 2017

W comme Water Closet à #Availles86 #ChallengeAZ.


C'est la dernière semaine du #ChallengeAZ. On attaque la série des lettres compliquées qui viennent à la queue-leu-leu,  alors que l'écriture quotidienne commence à montrer des signes de fatigue.
J'étais peu inspirée par le W. J'ai failli choisir la facilité avec "WW1 et World War 2". La guerre, un classique du "W". Je vous aurais parlé des poilus d'Availles, de notre projet d'expo autour du Centenaire de la paix, du formidable travail avec les bénévoles d'Availles qui transcrivent les fiches matricules, retracent les parcours, et...
Et patatras, j'ai rencontré Marie-Noëlle et Thérèse au feu de St Jean à Prinçay, samedi soir. Et les voilà toutes les deux à m'inciter à parler des "Water Closet" !! Chiche !!
Les Water Closet sont l'appellation  moderne des latrines.

Si j'avais su qu'un jour le sujet deviendrai l'objet d'un challenge, je n'aurais pas manqué de photographier la superbe couronne de paille posée sur le banc percé au dessus de la fosse d'aisance odorante de ma maison en 1989. A coté du trou, cinquante ans de calendriers des postes recyclables attendaient leur tour de service, avis aux collectionneurs !
Je ne vais pas vous faire un historique des manières de se soulager... A Versailles derrières les portes, sur les chaises percées, etc... jusqu'au souvenirs de pot-de-chambre de vos grand-mères. Le pot de chambre de la grand-mère, pendant les vacances à la campagne, je suis certaine que ça "parle" à nombre d'entre vous ;)
C'est le XIXème siècle,  hygiéniste, qui propose l'idée des pissotières et autres toilettes publiques. Quand se sont-elles imposées à Availles et où se sont-elles installées ? Nous finirons par le savoir !



Toujours est-il qu'en 1923, une délibération de Conseil municipal nous signale qu'il est temps d'ordonner son nettoyage !!




Le 24 Octobre 1939, les réfugiés mosellans sont au village. Dans la salle de danse MENECAY, c'est à dire la salle de danse du bistrot d'Availles, on fait deux salles de classe pour les enfants réfugiés. Et il y aurait lieu de faire construire des "Water Closets" pour les élèves ! 



Le 8 avril 1951, nous apprenons qu'il serait urgent de faire vidanger les cabinets d'aisance de la place du bourg.

Nous savons également que l'école publique à sa construction (actuelle mairie) était équipée de latrines, et que celles ci se  trouvaient dans la cour, en face du bâtiment, pas très loin du puits... Ce puits dont l'eau servait à la fabrication du pain du boulanger Grateau qui n'avait pas d'eau chez lui... Oui, c'est ça le sel de la vie ;)

L'assainissement du village, c'est tout un programme... Sur plusieurs siècles ! Le passage des latrines  à la fosse septique, de la fosse septique au "tout à l'égout", ne s'est pas fait en un jour, la modernité est arrivée à Prinçay, il y a deux ans !



Un petit poème pour finir ! 

Vous qui venez ici dans une humble posture,

Débarrasser vos flancs d'un importun fardeau,
Veuillez, quand vous aurez soulagé la nature
Et déposé dans l'urne un modeste cadeau,
Épancher dans l'amphore un courant d'onde pure,
Puis, sur l'autel fumant, placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi dont l'auguste jointure
Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau.


Emmanuel Arago 
Poème envoyé à George Sand par son fils Maurice Sand. 

lundi 26 juin 2017

V comme Vignerons d'#Availles86 #ChallengeAZ


Pas une vieille maison d'Availles sans son tonneau de souvenirs !
 Le grand-père SARRAZIN de Prinçay reste célèbre pour sa cave dans laquelle il offrait un p'tit verre de son cru aux messieurs tandis que leurs dames étaient en face à la messe !
Si on ne s'étend pas sur la qualité du breuvage, on loue les vertus de bonne humeur qu'il engendrait !
Le vin était pressé à la ferme, le pressoir arrivait en charrette se souvient le p'tit-fils du producteur local.
Certains curés de nos paroisses furent bavards sur les vendanges. Le vin est souvent à l'honneur du bilan de l'année, lorsque le curé nous offre cette mise au point. Mais hélas, rien sur les vendanges dans les registres paroissiaux de Prinçay !
Pour avoir une idée de l'exploitation de la vigne à Availles, reportons-nous aux statistiquse agricoles des années 1940. Le village compte environ 606 habitants (recensement 1936) et 73 producteurs de vin ! Parmi eux, 13 veuves. Si trois exploitations s'étendent sur 1 à 2 hectares, la plupart des vignes ne  font que quelques ares (30 à 60) 10 ares pour les plus petites (6 exploitations déclarées). La plus petite parcelle fait 6 ares .
Où étaient les vignes ? Dans les bois vers la Thomassinière pour les gens de Prinçay, vers Ternay et pour les autres hameaux ? Je compte sur vos souvenirs !
Au total 558 Hl sont produits (du rouge, du rosé et du blanc moins souvent): 441 Hl en production familiale et 117 Hl à la vente.
La plus petite production est de 2 Hl, la plus importante de 78 Hl
On réserve à l'usage familial jusqu'à 10 Hl, au delà le vin est vendu.
La mémoire du village raconte les vendanges, les échanges de vendangeurs, la participation des enfants, la fête de cette période de l'année.


Je n'ai pour le moment qu'une seule photo de vendanges au village dans les années 70 ? Reconnaissez-vous la plus belle vendangeuse de Prinçay  ? Et en arrière plan, la grand-mère Sarrazin et son regard sévère !

Quelques patronymes des Viticulteurs d'Availles.
ANTIGNY , ARNAULT, BEAUVAIS, BECOGNEE , BEGEAU , BIET,  BLANCHARD ,  BODIN , BOUCHET ,  BROSSIER , CANTIN, COGNEE ,COMTE,  CONGOURDEAU, CRUGEON ,  DUBOIS  GALIPEAU Marie, GARDIEN Jules, GAUTHIER Eugène, GENINET Fernand, GENINET,   GIRAULT , HENNETEAU , JOSEPH , JOSEPH , JOSEPH , LABROUSSE , LANTZ , LAROCHE  , LEPINE , LE ROUX , MAINGAULT , MARTIN , MARTN ,  MICHAUD , MIREBEAU , MIREBEAU , MONDON ,  MORICET , NAUDIN , PAJARD , PELTIER ,  PIGNON  RABEAU , RIBE , RICATEAU , RION , ROY , SARRAZIN,  SENECHAULT , SERREAU, SIMON SIMONNEAU , THIOLLET , THOMAS ,TOUZALIN , VENAULT , VITAL

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Le témoignage de Jacques : Camille LAROCHE vigneron des Nauds. 

Aujourd’hui disparue, la vigne de mon grand-père Camille LAROCHE se trouvait au bout de l’impasse des Nauds.
La vigne (1) couvrait  environ 2000m2, c’était du rouge, bachot de mémoire. Camille y faisait du vin de table qui était loin d’être un grand cru. Toutefois, son vermouth était apprécié de toute la famille, j’en ai encore la mémoire du goût. Bien entendu, aucun export vers les Etats-Unis, la consommation était uniquement familiale.
La vigne demande un soin constant et même s’il habitait ensuite à Châtellerault (travaillait à la Manu), il venait très souvent à Availles. Les seuls travaux qu’il n’effectuait pas seul étaient le labour ; grâce à monsieur PAJARD (cité aussi comme vigneron) qui lui prêtait son âne.  Les vendanges donnaient l’occasion de réunir la famille LAROCHE, HENNETEAU, MICHELET et DURAND. Que de bons souvenirs ; après la matinée de récolte, le repas étaient préparé par les femmes et servi dans la grange (4). Une grande table revêtue de vieux draps blancs était constituée avec tréteaux et planches.

Après le repas, nous les enfants, filions à l’anglaise dans les champs alentours pour nous amuser. C’est ainsi que j’ai fumé ma première cigarette, un cousin nous ayant appris à en confectionner avec du papier journal et de la barde de maïs, une horreur vite abandonnée.

Pendant ce temps, tout le monde s’activait, l’oncle Hubert MICHELET à la hotte, le grand-père au pressoir (2), plus tard, le vin était stocké dans la cave  (3). Belle cave voûtée toujours en bon état.
La maison (1) n’existe plus. A mon grand regret je n’ai  même pas une photo.

Camille LAROCHE vieillissant a cédé l’ensemble à sa nièce Eliane HENNETEAU qui y vit toujours. La vigne a été arrachée, il y a longtemps déjà, mais j’ai plaisir à revenir aux Nauds et me remémorer.

Vient ensuite la nostalgie…
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Le témoignage de Régis sur le vin de Georges Alfred SARRAZIN : 
Le bon curé Longer était un consommateur, pour son vin de messe, de la production du vin blanc dit vin de messe, par le grand père. La production venait de la vigne à Madame au lieudit les Ballottes. Différents cépages le  noa (vin interdit depuis) et d'un cépage "rayon d'or"  raisin de bouche. lui donnaient un gout très particulier très apprécié des consommateurs. Entre deux et trois barriques annuelles. 
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Le témoignage de Marie-France sur le vigneron Ernest MARSAUD :

Parmi les "vignerons", il y avait mon grand-père Marsaud Ernest qui cultivait une assez grande surface à la Thomassinière et faisait appel aux gens du village pour l'aider dont Monsieur Lépine. 

samedi 24 juin 2017

U comme Série 2 U Availlais aux Assises #AD86 #ChallengeAZ


La passion du polar, ça commence jeune, parfois très jeune, et va savoir où ça mène ?
"Chaque assassin est probablement le vieil ami de quelqu’un", nous dit la grande Agatha. Une phrase qui prend tout son sens au village lorsque le crime s'invite dans les chemins ou les granges. Voyons aujourd'hui la part sombre d'Availles contenue dans  la série 2 U des Archives Départementales de la Vienne . Dans la période qui nous occupe, le XIXème siècle, aucune grande affaire criminelle n'a bouleversé notre commune, seuls quelques petits voleurs, quelques faussaires ont suscité les regards, les chuchotements. Globalement il a toujours fait bon vivre à Availles.
La Cour d'Assises de la Vienne commence sa carrière en 1811, et siège à Poitiers une fois par trimestre. Le fond 2 U comprend les dossiers de procédure et les arrêts de condamnation des affaires criminelles du département. Un formidable travail de dépouillement a été mené par les archivistes de Poitiers. Il a abouti à un fichier consultable en ligne, qui permet de retrouver les inculpés de la Cour d'Assises par patronyme, date du procès, inculpation,  lieu du crime, référence du dossier. L'outil rêvé !
Les dossiers sont nominatifs de 1811 à 1901 et sans mention des inculpés de 1952 à 1986. Pour ce domaine sensible, nous n'explorons pas au delà du XIXème siècle.
Que nous apportent les dossiers d'instruction ?

  • Les circonstances de l'arrestation
  • La description de l'inculpé
  • La description du crime
  • Les interrogatoires de l'inculpé et des témoins
  • Les liens de tout ce petit monde au sein du hameau, du village
  • La liste des témoins, la liste des jurés, la déclaration du jury, l'arrêt de condamnation. 

Qui sont nos petits criminels Availlais ?

  • SAINTON Jean - 16 messidor An 13 - vol - 2 U 605 (série 2U avant la cour d'assises)
  • CAMUZARD Jean - 10 novembre 1818 - vol - 2 U 539
  • DEGENNE Jean - 29 février 1828 - Faux en écriture  privée - 2 U 1500
  • BAUDEAU Augustin - 18 novembre 1835 - Vols divers - 2 U 1521
  • DENIAU (épouse BAUDEAU ) Jeanne - 13 mai 1840 - Vol de bois - 2 U 1545
  • MARTINEAU Charles - 9 mai 1848 - Faux en écriture privée - 2 U 1585 
  • BUSSEREAU Charles - 12 aout 1850 - Vol qualifié - 2 U 1599
A cette liste, il faudra ajouter les petites affaires criminelles concernant des inculpés nés à Availles, mais ayant commis leur méfait sur une autre commune, ils nous échappent encore ! Si vous avez une petite idée faites signe ! Il faudrait sans doute explorer les dossiers des villages alentour et vérifier l'etat civil de l'inculpé. 
Chaque dossier de procédure fait l'objet d'une attention particulière, d'une lecture complète, d'un regard à la fois intéressé, étonné et indulgent. Il ne s'agit pas de juger, c'est déjà fait. Il s'agit de comprendre, d'apprendre, de s'étonner et de partager. Bref. Comme vous avez pu le constater pour les petites affaires criminelles que nous avons raconté dans les bulletins municipaux, sur ce blog ou au Bistrot Patrimoine,  l'équipe  d'Availles ouvre l'oeil de la Police en toute impartialité. 
Il nous reste quelques affaires à comprendre, elles ont sans doute beaucoup à nous apprendre. 
L'affaire BAUDEAU est confiée à Mado, l'affaire DENIAU est confiée à Martine. Nous voilà déjà avec deux lettres du #ChallengeAZ de 2018 ;)
L'affaire SAINTON est dans les pattes de la sorcière.
L'affaire BUSSEREAU cherche toujours sa Miss Marple ou son Sherlock Holmes. 
L'affaire MARTINEAU a failli nous échapper ! Mais le faussaire qu'il semble être sera menotté au prochain passage aux AD86. 
Vous voulez adopter un petit criminel ? N'hésitez pas ! Venez travailler avec nous sur les dossiers de justice. C'est une expérience d'archives passionnante, dans laquelle on se surprend à s'attacher, s'investir, se révolter ! 




vendredi 23 juin 2017

T comme au Tableau avec la Série 1T 2 des #AD86 ! #challengeAZ #Availles86




22 juin 2017, Canicule toujours. Un jour à se réfugier aux AD86 ou comment conjuguer patrimoine et plan canicule.
Nous avons poursuivi l'exploration de la Série 1T 2 à la recherche des instituteurs de l'école d'Availles. La tâche est longue et parfois frustrante. Tous les instituteurs répertoriés au fur et à mesure des recherches (registres d'état civil, recensements, histoire de l'école) ne bénéficient pas d'un dossier (peut-être faudra-t-il chercher encore, ailleurs, mieux). Néanmoins lorsqu'il existe celui-ci nous donne de précieux renseignements sur leur parcours, l'évaluation de leur travail et de leur école. Une mine d'informations sur le village et les écoliers.
La série 1T est classée par ordre alphabétique. Chaque boite est explorée en totalité, au delà de l'instituteur ciblé, à la recherche des enseignants méconnus du village.
Nous faisons ainsi la connaissance de Pierre LEFORT.


Celui-ci est né le 13 avril 1813 à Andrezé en Maine et Loire. Il obtient son brevet simple le 2 septembre 1833 à La Roche-sur-Yon. Puis une mention honorable en 1851.
Marié à Marie-Estelle GIRARD, il est père d'un garçon. Il enseigne successivement à Saint-Sauveur, Montmorillon, Loudun, Ceaux, Saint-Martin l'Ars, St Georges puis Availles à partir du 2 septembre1874.
Le rapport d'inspection fait à l'école d'Availles le 23 juin 1876 nous donne les informations suivantes :


  • Notre instituteur âgé de 63 ans a 26 ans de service. 
  • Il est marié et père d'un fils de 21 ans; 
  • La population de la commune est de 735 habitants
  • 115 enfants sont en âge de fréquenter l'école. 
  • Sur les 66 enfants inscrits à l'école, 47 sont présents le jour de l'inspection dont 19 élèves gratuits. 
  • Aucun enfant au-dessous de 6 ans. 
  • L'école est mixte, mais il devrait y avoir une école de filles. 
  • Le registre matricule n'est pas en ordre, le registre scolaire est mal tenu, de même que le journal. 
  • Le registre des abonnements compte 43 abonnés. ? 
  • L'appréciation de l'inspecteur sur la capacité , la conduite , les principes religieux de l'instituteur , ses rapports avec les autorités locales et les familles, la considération dont il jouit :
    • Conduite : bien. 
    • Considération : peu
    • Capacité : une maladie, dont il a été atteint dernièrement lui a enlevé une partie de ses facultés mentales. 
    • Zèle : s'en va. Plus du tout dans la tenue des registres scolaires. 
    • Relations : bien
    • Tenue : le paletot. 
  • Soins donnés à l'éducation : passable
  • Tenue générale de l'école et moyens disciplinaires :
    • ordre : manque
    • Exactitude : à 1H1/2 on n'était pas encore rentré
    • Assiduité : 21 sortis pour 87 ; 19 absents sur 66
    • Propreté : assez bien
    • Discipline : faible
    • Politesse : assez. 
  • Enseignement 
    • Instruction religieuse : bien
    • Lecture : mal, aucune amélioration
    • Ecriture : 17 garçons et 10 fille ne peuvent rien écrire au tableau noir
    • Langue française : médiocre
    • Calcul et système métrique ; idem
    • Histoire et géographie : Point d'histoire. 2 filles et trois garçons ont vu de la géographie. 
    • Travaux à l'aiguille : assez bien
    • Matières facultatives : assez bien
    • Enseignement agricole ou horticole : assez bien
  • Appréciation générale et valeur de l'établissement : Cette école va de plus en plus mal. M. Lefort ne peut pas être laissé plus longtemps dans cette classe nombreuse. 
  • Nom de la maîtresse des aiguilles : Mme LEFORT

Suivent la description de la salle de classe, du logement du maître et de l'école. La cour est fermée, le préau couvert, la classe à blanchir. On a réparé le soupirail de la cave. 
Un inventaire est fait du mobilier scolaire : 10 tables, 4 bancs, 4 tableaux noirs, 1 boulier, 1 (carte) Europe , 1 France bonne , 1 autre France neuve, 1 Vienne par Longuemar bonne, 1 France, 1 Europe, 1 mappemonde sur toile, ??? vieilles, 1 mètre de ??? , 1 horloge 
Liste des mobiliers qui manquent : 3 tables, 2 tableaux noirs, un nécessaire métrique, 1 globe géographique, 1 autre matériel de lecture, des lettres mobiles, le plan de la commune, les cartes du canton, de l'arrondissement, une cloche. 
Il n'y a pas de bibliothèque. 
Le curé de Prinçay ne fait pas la classe chez lui. 



Dossier complet et synthèse à venir avec l'ensemble des instituteurs retrouvés et l'évolution de notre école au fil de son inspection académique ! 


Source AD86 Série 1 T 2 79